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UNE SITUATION ALARMANTE

 

1 - Séduction et dégénérescence

 

Puisque l’homme ne supporte pas le manque de sens et d’espérance, et ne peut vivre sans religion, il existe un ersatz de religion dans la culture, ou plutôt dans l’inculture de ce monde. L’homme postmoderne court après le bonheur dans le présent, dans le maintenant. Beaucoup fuient dans la drogue, pour d’autres c’est vivre un match de football ! … Une industrie des loisirs obscurcit la réalité de la situation sans espoir pour l’homme par toutes sortes de raffinements : les fêtes et les soirées, le tourisme, le sport, la TV elle disco, une musique omniprésente. Toute une génération se laisse emporter par ses idoles des musiques pop et rock. 

 

Sous l’influence de l’esprit postmoderne, l’homme dégénère vers l’état du « dernier homme », comme l’appel Nietzche  : « dégénérescence et rapetissement de l’homme jusqu’au parfait animal de troupeau », un homme totalement nouveau. A ce « dernier homme », Nietzsche oppose le Surhomme qui dominera la masse. Pour lui, la solution était dans le bouddhisme, car il conduit à renoncer à ses pulsions et à sa volonté propre. Le manque de sens et d’espérance, de passé et d’avenir, prépare la venu du Démagogue et Séducteur : secourable en apparence, un quasi sauveur, un libérateur trompeur ! Pour échapper à cette folie, il est nécessaire de reconnaitre Christ et son amour qui ne chercha pas son intérêt (1 Cor 13:5).

 

Christ nous révèle le plus grand des plaisirs, le plus pur des désirs : faire la volonté de son Père ! Il avertit : « Que personne ne vous séduise » (Mat 24:4). Hélas, l’esprit postmoderne a depuis longtemps pénétré dans le églises. La question de la justification n’est plus un thème. Il n’est plus fait mention des diverses épreuves que traverse le chrétien (1 Pi 1:6-7), ni du retour du Seigneur Jésus-Christ. Ce qui compte, c’est ce qui est « profitable », c’est d’être heureux « maintenant ». Dans les cultes, l’important c’est le divertissement, de sorte que la Parole de Dieu est supplantée, surtout par la musique, cet ersatz de la parole. Déjà Nietzsche observait que la parole et la langue sont « malades ». 

 

2 - La nouvelle culture musicale

 

La musique postmoderne est caractérisée par son rythme rapide et son haut niveau sonore. Elle provoque du stress lequel fait monter l’adrénaline. Sans faire une pause, celle-ci finit par avoir l’effet d’une drogue, et conduit à éprouver un sentiment mystique d’unité et de bien-être. Les musiques pop et rock « chrétiennes » ont un effet identique. L’âme s’élève au point de confondre un sentiment de bonheur et une expérience mystique (celle-ci en réalité vient d’eux-mêmes) avec le « témoignage » du Saint-Esprit !  L’adoration devient alors une question de sentiments qui conduisent à une expérience du groupe. Cela ressemble au culte rendu au dieu Baal de l’Ancien Testament. Quelle tragédie, alors que Dieu veut être adoré en esprit et en vérité (Jn 4:24). L’on ne supporte plus le silence et l’on s’expose à cette musique du matin au soir, souvent jusque dans la nuit. Il n’y a plus de vrai repos, ni de possibilité de réfléchir en profondeur. 

 

3 - La « nouvelle tolérance » et la vérité

 

Dieu n’existant plus (dans le postmodernisme, il est mort) toutes les valeurs connues jusqu’alors n’existent plus. Il n’y a plus de vérité absolue. Une « nouvelle tolérance » a pris place, la vérité postmoderne n’est plus qu’une certaine forme de l’erreur ! Chacun ou chaque groupe a sa vérité particulière, que l’on doit respecter. Si jusque là « tolérance » signifiait respecter ce que pense l’autre, la « nouvelle tolérance » exige que l’on reconnaisse que la pensée de l’autre est également juste. Nous savons, quant à nous, qu’il n’y a qu’une vérité et que celle-ci s’appelle Jésus (Jn 14:6). Cet esprit libéral, profondément égoïste, se détache de toute contrainte et se permet toutes les libertés selon ses désirs. Une telle « fausse vérité » peut prendre des allures totalitaires. Ce « délire socialiste » écrase de plus en plus tout individualisme. On érige, à partir d’un « homme nouveau » et dans un « monde nouveau », un « nouveau despotisme » ! Les conséquences sont à venir.

 

4 - La perte du sens de la souffrance

 

Dans le postmodernisme le sens de la souffrance n’est pas compris. Sa préoccupation est de savoir comment en être délivré au plus vite. Même pour le croyant touché par elle, la première question n’est plus : « que veut m’apprendre Dieu par elle ? » mais plutôt : « Comment puis-je en être délivré au plus vite ? » Pour l’apôtre Pierre notre souffrance est liée à celle de Christ (1 Pi 3:17-18). Dans le postmodernisme la souffrance est plutôt considérée sous l’angle de l’évolutionnisme. Le combat est celui de « tous contre tous ». Le plus fort est justifié par le fait qu’il est le fort ! Cette terrible réalité observée dans la nature en est le modèle. Cela conduit à une barbarie finale. 

 

5- La perte de la culture

 

Déjà l’harmonie est remplacée par la disharmonie. Ce qui domine c’est la laideur, le bruyant, le déformé et le pervers. Le chaos s’annonce comme inéluctable. 

La révolution estudiantine et culturelle de 1968 voulait introduire une société meilleure, plus juste et plus libre. L’ancienne a été balayée. Mais leur idéal était fausé. Sous cet angle, la génération actuelle se trouve en fait dépossédée de tout. Son but est de satisfaire le moi. Elle s’habille correctement (pas toujours !), ayant une apparence morale, mais en fait elle n’a pas de force réelle. Cela rend les choses plus difficiles dans les église, car on regarde trop aux apparences. Une allure morale n’a rien en commun avec la foi vivante !…

 

6- La perte du sens moral

 

Dans la postmodernité la culture ne peut plus être associée à la moralité, à la décence. L’homme dominé par la technique, la spéculation et par ses pulsions incontrôlées tombe dans la bestialité avec une perte de tempérament et de coeur. C’est le fruit de la philosophie et de la psychologie de Schopenhauer et de Freud. A la place de Dieu vient le sombre besoin de l’instinct de conservation. Nietzsche l’appelle la « bête ingénieuse ». Dans un va-et-vient incessant, elle oscille entre le besoin croissant de satisfaire ses instincts et un ennui profond. Rien n’a de sens ! Il tourne en rond sans fin, inconscient et ayant perdu le bon sens. Il remplit sa journée sans plus réfléchir. 

 

Conclusion

 

Tel est le cadre de la postmodernité ! Quand cette situation conduira-t-elle à une catastrophe semblable à l’éruption d’un volcan ? Le postmodernisme est sans Dieu, sans loi, sans Histoire et ne trouve pas de sens aux choses de ce monde. C’est la conséquence de la croyance que « Dieu est mort ». Là, rien ne peut être d’une aide salutaire. Un seul peut secourir, Jésus le crucifié qui a dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne vient au Père ue par moi ! » Jn 11:6. Combien il est difficile à un coeur fier d’accepter le simple message de la croix, qui pourtant nous montre comment accéder à un salut complet et parfait !

Alors que le postmodernisme n’apporte aucune espérance, le chrétien a celle, glorieuse, du retour de Jésus-Christ et de l’avènement de son règne, puis : « selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre, où la justice habitera » (2 Pi 2:13).

 

Armin Hippel

 

 

 

 

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