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CRU EN JÉSUS, MAIS JAMAIS SAUVÉ

sauvé

Il existe aujourd'hui, dans les Églises et bien au-delà, une multitude de gens qui croient sincèrement être sauvés parce qu'ils ont dit "oui" à Jésus. Ils ont entendu un message, levé la main, pris une décision, ou simplement accepté intérieurement que Jésus était le Fils de Dieu venu les sauver. Et ils s'arrêtent là. Mais est-ce l'Évangile du Nouveau Testament ? Est-ce ainsi que la Bible décrit l'entrée dans la vie chrétienne ? La réponse est non, et l'enjeu est éternel.


"Jésus est mon Sauveur" ne suffit pas


Reconnaître que l'on a besoin d'un sauveur, admettre que Jésus est venu en chair : ce sont des vérités nécessaires, mais elles ne constituent pas encore la repentance. Il faut aller plus loin. Jacques 2:19 nous donne un avertissement saisissant : « Tu crois qu'il y a un seul Dieu, tu fais bien ; les démons le croient aussi, et ils tremblent. » Les démons savent que Jésus est venu en chair. Les démons savent qu'ils ont besoin d'un juge. Cela ne les sauve pas.

Ce que beaucoup appellent "conversion" n'est en réalité que l'assensus, l'assentiment intellectuel aux vérités de l'Évangile. C'est une étape. Mais la foi biblique qui sauve ne s'arrête pas à l'intelligence ; elle descend jusqu'au cœur et touche la volonté. Et là commence la repentance.

La repentance, en grec metanoia, signifie un changement radical de direction. Ce n'est pas simplement regretter ses fautes comme on regrette une mauvaise décision ; c'est se détourner du péché et se tourner vers Dieu, non par effort moral, mais par une œuvre souveraine du Saint-Esprit dans le cœur. Paul distingue avec précision la vraie repentance de son imitation : « La tristesse selon Dieu produit une repentance à salut dont on ne se repent pas, tandis que la tristesse du monde produit la mort. » (2 Corinthiens 7:10)


Ce que la vraie repentance produit


La vraie repentance n'est pas un sentiment vague de culpabilité. Elle est une conviction précise : on a péché contre un Dieu saint et bon, on a vécu pour soi, on a méprisé sa gloire, et ce péché est abominable. Cette conviction n'est pas le fruit d'un effort humain ; elle est le signe que le Saint-Esprit est à l'œuvre. Paul Washer l'exprime sans détour : une repentance qui ne coûte rien n'est pas une repentance biblique.

Ce que l'Esprit produit dans le cœur régénéré, c'est d'abord une lumière nouvelle. Les choses que l'on aimait, on les voit autrement. Les choses que l'on méprisait, on commence à les désirer. Le monde perd de son attrait. La Parole s'ouvre. La prière devient un lieu de rencontre réel. C'est ce que Paul décrit en 2 Corinthiens 5:17 : « Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. »

Cette transformation n'est pas progressive dans son principe : la nouvelle naissance est un acte. Mais elle peut se manifester différemment selon les personnes. Pour certains, la rupture est soudaine et radicale. Pour d'autres, la prise de conscience se fait plus graduellement. Ce qui ne varie pas, c'est la réalité du changement : un homme ou une femme véritablement né de nouveau ne reste pas indifférent à son péché, ne continue pas à vivre exactement comme avant, ne conserve pas les mêmes priorités, les mêmes affections, les mêmes attaches.

Luther l'écrivait dès la première de ses 95 thèses : toute la vie du croyant doit être repentance. Ce n'est pas un acte ponctuel que l'on accomplit un soir dans une réunion. C'est une orientation permanente du cœur vers Dieu, un retour continuel, une mortification quotidienne de la chair.


Application pratique


  • Examinez vos fruits, non vos émotions. Une décision prise sous l'émotion d'un culte ou d'une campagne d'évangélisation n'est pas une garantie de salut. La question n'est pas "ai-je ressenti quelque chose ?", mais "ma vie a-t-elle changé de direction ?"

  • Ne vous contentez pas d'une profession de foi sans repentance. Si vous avez accepté Jésus comme Sauveur mais que vous n'avez jamais connu de conviction réelle pour votre péché, ni de désir de rupture avec votre ancienne vie, prenez le temps de vous examiner sérieusement devant Dieu (2 Corinthiens 13:5).

  • Si vous êtes dans une position pastorale ou d'accompagnement, ne validez pas trop vite une profession de foi. Aimer quelqu'un, c'est parfois poser des questions difficiles plutôt que de rassurer rapidement. Laisser quelqu'un s'endormir dans une fausse assurance est une forme de cruauté déguisée en gentillesse.

  • Continuez à vous repentir. Si vous êtes chrétien de longue date, la repentance ne doit pas appartenir à votre passé. Elle est votre présent. Chaque jour expose de nouveaux péchés à confesser, de nouvelles grâces à recevoir.


Conclusion


L'Évangile de "Jésus-Sauveur-sans-repentance" est un évangile tronqué. Il produit des foules de gens qui ont une assurance sans fondement, un nom dans un registre sans nom écrit dans le livre de vie. La grâce de Dieu ne pardonne pas sans transformer. Le même Esprit qui nous révèle que nous avons besoin d'un Sauveur est Celui qui nous donne de haïr notre péché et d'aimer la sainteté. Séparer ces deux œuvres, c'est diviser ce que Dieu a uni.

« Revenez à moi de tout votre cœur, avec des jeûnes, des pleurs et des lamentations ! Déchirez vos cœurs et non vos vêtements, et revenez à l'Éternel, votre Dieu. » (Joël 2:12-13)


L. Gilman

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