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EXODE 29 - Marqués par le sang, habités par la présence de Dieu

exode 29

Contexte historique

Israël campe toujours au pied du Sinaï. Après avoir décrit le tabernacle (Exode 25 à 27) puis les vêtements sacrés d'Aaron (Exode 28), Dieu prescrit maintenant à Moïse la cérémonie précise de consécration d'Aaron et de ses fils au sacerdoce. Sept jours de rites sont ordonnés : lavage, habillement, onction, sacrifice d'un taureau pour le péché, puis de deux béliers, dont le sang est appliqué sur l'oreille, le pouce et le gros orteil des sacrificateurs. Rien n'est laissé à l'improvisation, car nul ne s'approche de Dieu selon sa propre volonté, mais selon ce qu'il a lui même prescrit. Le chapitre se referme sur la promesse la plus précieuse de tout le livre de l'Exode : Dieu lui même viendra habiter au milieu de son peuple.


Leçons pour aujourd'hui


1. Consacrés par le sang, non par nos propres mérites

"Tu prendras du sang qui sera sur l'autel et de l'huile d'onction, et tu en feras l'aspersion sur Aaron et sur ses vêtements, sur ses fils et sur leurs vêtements. Ainsi seront consacrés Aaron et ses vêtements, ses fils et leurs vêtements." (Exode 29:21)

Le sang est déposé sur l'oreille droite, le pouce et le gros orteil d'Aaron (Exode 29:20). L'oreille pour entendre et obéir à la parole de Dieu, la main pour servir, le pied pour marcher dans ses voies : le sacrificateur tout entier, dans son écoute, son action et sa conduite, doit être couvert par le sang avant d'exercer la moindre fonction sacrée. Il n'y a pas de service acceptable à Dieu qui ne commence par une expiation. John Owen insistait sur ce point : c'est le sang de la victime substitutive, et non la piété du sacrificateur, qui rend le service possible.

Aucun chrétien ne devrait donc jamais fonder son assurance devant Dieu sur sa propre conduite, mais uniquement sur le sang versé une fois pour toutes par Christ.


2. Le sacrifice continuel, ombre de l'unique sacrifice

"Voici ce que tu offriras sur l'autel : deux agneaux d'un an, chaque jour, à perpétuité." (Exode 29:38)

Matin et soir, sans interruption, un agneau devait être offert sur l'autel, génération après génération (Exode 29:39,42). Ce rythme perpétuel enseignait à Israël que le péché n'est jamais définitivement réglé par un geste isolé, mais qu'il exige une médiation constante. Cette ombre trouve son accomplissement en Christ, dont le seul sacrifice, offert une fois, produit un effet perpétuel, car il vit toujours pour intercéder en faveur des siens (Hébreux 7:25).

Le croyant ne revient donc pas chaque jour à la croix comme à un sacrifice à répéter, mais il se repose chaque jour sur l'efficacité continue d'un sacrifice unique et suffisant.


3. Dieu descend habiter parmi les pécheurs

"J'habiterai au milieu des enfants d'Israël, et je serai leur Dieu. Ils connaîtront que je suis l'Eternel, leur Dieu, qui les ai fait sortir du pays d'Egypte, pour habiter au milieu d'eux. Je suis l'Eternel, leur Dieu." (Exode 29:45-46)

Voilà le sommet du chapitre, et peut-être de tout le livre de l'Exode : le Dieu saint, devant lequel Aaron ne peut se présenter sans sang ni onction, choisit malgré tout d'habiter au milieu d'un peuple pécheur. Ce n'est pas Israël qui monte jusqu'à Dieu, c'est Dieu qui descend demeurer parmi les siens. Michael Horton rappelle que toute l'histoire biblique se résume à ce mouvement du Dieu du pacte qui vient habiter avec son peuple, depuis le jardin d'Eden jusqu'au Christ fait chair (Jean 1:14), puis jusqu'à l'Esprit qui habite chaque croyant.

La grâce ne se mesure pas seulement au pardon accordé, mais à cette présence même de Dieu offerte à des pécheurs.


4. Une consécration qui ne s'improvise pas

"Tu suivras à l'égard d'Aaron et de ses fils tous les ordres que je t'ai donnés. Tu emploieras sept jours à les consacrer." (Exode 29:35)

Sept jours pour consacrer un homme au service de Dieu. Rien n'est instantané dans cette mise à part : elle suit un ordre précis, un temps donné, une obéissance point par point. Cela s'oppose à toute conception qui traiterait la sainteté comme un sentiment spontané ou une expérience ponctuelle.

La sanctification est une œuvre progressive de l'Esprit, patiente et méthodique, non un instant d'émotion. Se croire consacré sans avoir traversé ce chemin d'obéissance quotidienne relève de l'illusion, pas de la foi.


Conclusion

Aaron n'a pu s'approcher de Dieu que couvert de sang et d'onction, et pourtant Dieu a choisi d'habiter au milieu de ce peuple qui n'avait rien mérité. Ce que la loi préfigurait avec tant de précision trouve son accomplissement parfait en Christ, notre unique sacrificateur et notre unique sacrifice, par qui seul Dieu demeure aujourd'hui avec les siens.


Question(s) pour la réflexion

Sur quoi repose réellement votre assurance devant Dieu aujourd'hui : sur votre propre conduite ou sur le sang de Christ appliqué une fois pour toutes ?

Reconnaissez vous dans votre marche chrétienne un chemin patient de sanctification, ou attendez vous plutôt une expérience instantanée de sainteté ?

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