LE DANGER DE LA PIÉTÉ DÉVIANTE
- Daniel GILMAN
- 26 déc. 2025
- 31 min de lecture

Où en es-tu de ta foi ?
« Si quelqu’un enseigne de fausses doctrines et ne s’attache pas aux saines paroles de notre Seigneur Jésus-Christ et à la doctrine qui est selon la piété, il est enflé d’orgueil, il ne sait rien, et il a la maladie des questions oiseuses et des disputes de mots, d’où naissent l’envie, les querelles, les calomnies, les mauvais soupçons, les vaines discussions d’hommes corrompus d’entendement, privés de la vérité et croyant que la piété est une source de gain. C’est, en effet, une grande source de gain que la piété avec le contentement ; car nous n’avons rien apporté dans le monde, et il est évident que nous n’en pouvons rien emporter ; si donc nous avons la nourriture et le vêtement, cela nous suffira. »
1 Timothée 6:3-8
SOMMAIRE
CHAPITRE 1
Les 3 formes de « piété » déviantes.
CHAPITRE 2
Exemples de dérives dans chacune des 3 « piétés » déviantes !
CHAPITRE 3
Quelles réponses apporter à chacune des 3 « piétés » déviantes ?
CHAPITRE 4
Quelle est la véritable piété ?
CHAPITRE 5
La véritable piété vient de Dieu !
Conclusion
INTRODUCTION
Depuis plus de trente ans de vie chrétienne, j’ai rencontré des milliers de personnes et eu tout autant de partages sur la foi en Dieu. Au fil des années, j’ai appris à distinguer quatre formes de piété, si j’ose dire. En vérité, la piété, vous en conviendrez, ne devrait pas être multiple mais unique. Toutefois, je me permets de présenter trois types de substituts de piété face à la véritable. Voici les quatre formes que nous allons parcourir afin de nous aider au bon discernement qui permet de nous positionner lorsque l’on est un authentique disciple de Jésus. Il est fondamental d’être éclairé et de savoir répondre à chaque catégorie déviante à laquelle nous sommes confrontés.
Les 4 formes de piété
La piété humaniste
La piété de convenance
La piété charismatique
La piété authentique
Beaucoup, par manque de connaissance et surtout n’ayant pas reçu la grâce efficace (voir le livre intitulé « C’EST QUOI ÊTRE BÉNI ? », mini-livre sur le site www.iltaime.com), se persuadent qu’ils sont sur le chemin et dans la vérité quand il s’agit de piété. Pour eux, celle-ci serait à densité modérée, variable, personnelle, individuelle, sans avoir forcément besoin d’une connaissance ou d’une relation soutenue envers Jésus. Chacun, à sa convenance, aurait le libre arbitre de se faire une idée de la piété selon son imagination, ses émotions et son vécu. Il y a la piété réelle et celle que l’on se fabrique ! Il y a ceux qui croient sans pratiquer : c’est la piété humaniste ; ceux qui pratiquent sans chercher à connaître personnellement Jésus : c’est la piété de convenance ; et ceux qui ne cherchent que les miracles et les émotions : c’est la piété charismatique. En clair, ce sont des formes de piété charnelles, tournées vers l’extérieur sans changement intérieur. Elles sont les substituts qui font croire qu’ils évitent d’aller en enfer.
Ne nous y trompons pas, Jésus nous a avertis : il y aura, dans les rangs de l’Église (tout autant qu’en dehors de l’Église), des membres qui ne pratiquent pas la véritable et unique piété. La fin des temps sera l’émergence de l’apostasie, des faux prophètes, des dérives sectaires, légalistes et doctrinales. Comment discerner cela ? Ce n’est pas simple et, pour être le plus en phase possible, il nous faut quelques repères. Le premier repère est sans conteste l’étude et la méditation de la Parole de Dieu, qui place le curseur sur la connaissance de sa volonté : c’est l’amour de la vérité. Le second repère est l’observance des fruits que produit la personne qui se proclame chrétienne : c’est le chemin de sanctification. Le troisième repère est sa constance et sa progression dans la diminution de sa nature charnelle au profit de sa croissance en Esprit de sainteté : c’est le parcours de maturité.
La véritable piété est une racine intérieure qui opère un changement radical. On ne vit plus pour nous, mais pour Christ !
Alors, partons à la découverte des trois types de substituts (de piété) qui arrangent bien le malin. Découvrons combien il nous faut annoncer le véritable Évangile afin de révéler ce qu’est une vie pieuse, la seule qui, par la grâce de Jésus, mène au salut. Combien il est fréquent de partager avec des interlocuteurs qui sont dans ces trois catégories, qui ont une vie qui ne correspond en rien à la véritable piété. Certains de leur croyance, ils restent fermes sur leur position, pensant que cela leur offre un visa pour le paradis. Notre mission de disciples est d’éclairer, d’être des lumières, le sel de la terre, des ambassadeurs et d’annoncer la vérité. L’opposition sera toujours forte et la puissance de Dieu sera aussi toujours avec nous pour la traverser.
Bonne lecture…
CHAPITRE 1
LES 3 FORMES DE « PIÉTÉ » DÉVIANTES
Je souhaite structurer et développer ce mini-livre sur la piété. Le thème est puissant puisqu’il distingue la véritable piété (centrée sur Dieu, humble, obéissante à sa Parole, motivée par l’amour et la crainte révérencielle envers Lui) et les fausses piétés légères qui, bien qu’elles puissent paraître spirituelles, sont en réalité centrées sur l’homme, l’apparence ou l’expérience subjective.
Commençons par examiner en détail les trois substituts de piété, qui contrastent chacun avec la véritable piété, en soulignant leurs dérives principales. Tout cela sera appuyé, cela va de soi, sur la Parole de Dieu, afin de ne pas imposer un sentiment personnel et charnel.
1. La piété humaniste : « Je crois mais je ne pratique pas ! »
C’est la grande majorité des gens de ce pays, en dehors des athées. Ce sont des hommes et des femmes qui croient que le Dieu de la Bible, que Jésus existe, sans jamais avoir cherché à en savoir plus, à Le rencontrer et à Le servir. C’est le délirant : « Je suis croyant non pratiquant. » C’est une croyance en un Dieu (pas un Père) tout là-haut, inaccessible, qui est selon les circonstances amour ou méchant et injuste. Ces personnes ne voient pas Dieu tel qu’Il est, mais selon ce qu’elles souhaitent qu’Il soit dans leur aveuglement spirituel. C’est un Dieu imaginé qui ne doit surtout pas intervenir dans leur vie, sauf pour quelques traditions qui sont supposées les protéger. Cette piété place l’homme au centre ; elle réduit la foi à une quête de bien-être personnel, d’épanouissement moral ou de justice sociale sans référence absolue à Dieu. Dieu devient un moyen pour améliorer la vie humaine plutôt qu’une fin en soi, d’engagement pour le Créateur. C’est une croyance humaine, superstitieuse, forcément dénuée de toutes racines fondées sur l’Évangile. C’est aussi l’accumulation de fausses croyances, puisque rien n’est conduit par la Parole de Dieu.
Quelles sont les dérives principales de la piété humaniste ?
La réduction de la religion à une éthique humaniste uniquement charnelle : « Être pieux, c’est être une bonne personne, tolérante (alors que le mot tolérance n’est pas biblique), engagé pour les causes humaines. » Pour eux, Dieu est invoqué comme un « grand thérapeute » ou le « soutien » de leurs projets personnels. Ils n’invoquent Dieu que dans un vague soupir, Lui demandant de les protéger et d’aller dans leur sens. Dieu est leur centre des urgences quand tout va mal ; ils font appel à Lui sans prier, mais en pleurant leur désespoir. Concernant la croix de Christ, elle est littéralement édulcorée : on parle d’amour universel sans repentance ni jugement. La croix n’a pas de sens réel ; on voit Jésus sur la croix comme un martyr et non comme un Sauveur. Ce qui minimise radicalement le message de la résurrection. C’est aussi la perte de la transcendance par la grâce efficace ; la piété devient horizontale (relation humaine) au détriment de la verticalité de la foi (relation à Dieu). Nous sommes très souvent dans le cortège de ceux qui demandent le baptême des enfants et le mariage à l’église pour que l’on identifie leurs valeurs chrétiennes et pour que Dieu les protège. Mais rien de cela ne sauve de l’enfer, mes amis, et le diable se réjouit de ces rituels humanistes sans fondement. Michel Polnareff illustre bien cette catégorie de piété avec son titre : « On ira tous au paradis ! » La grande majorité de ces gens sont persuadés qu’ils iront au paradis, que leurs fautes sont pardonnées, que Dieu sauve tout le monde et que le mal qu’ils font n’est rien comparé à d’autres. Ils ont une perception de Dieu selon leur nature dévoyée qui les emmène dans la direction contraire au salut éternel. Vous voyez quelle est cette destination ?
Le contraste avec la véritable piété
La vraie piété commence par la crainte de Dieu (Proverbes 1:7 ; 9:10). Elle reconnaît que l’homme est pécheur, perdu sans Christ, et que le but de la vie est de glorifier Dieu, non de s’accomplir soi-même. Elle accepte la souffrance et la croix comme partie du chemin (Philippiens 1:29). Elle est motivée par la grâce reçue, non par le désir d’être « une meilleure version de soi ». Elle exprime la repentance et pas l’intérêt et le développement personnel.
2. La piété de convenance : « Je pratique mais je ne connais pas »
On aborde ici une piété qui porte très souvent à confusion. Pourquoi ?
À la différence de la piété humaniste, sans pratique religieuse, nous parlons ici de personnes déclarant être chrétiennes et qui, cette fois, précisent qu’elles pratiquent et sont ferventes en termes de religion (sans être régénérées en Esprit de vie par la grâce efficace). Elles mettent en avant leur appartenance à une dénomination : « Je suis catho, protestant, évangélique… » Elles ont des signes extérieurs d’une piété bien orchestrée. C’est une piété d’apparence, de ponctualité événementielle et parfois aussi pour être bien vu des autres ou pour maintenir une image respectable. C’est une piété sincère aux signes extérieurs, qui est ritualiste et souvent liée à des traditions, aux besoins, à des expériences, à des pèlerinages, à des retraites voire même à un statut social. Elle est de convenance personnelle, puisqu’elle n’est pas dirigée par le Saint-Esprit mais par la nature charnelle qui se fabrique un Dieu qui lui convient (la convenance) pour son propre intérêt. La piété de convenance fait même croire que l’on a le Saint-Esprit, puisque l’on est attaché à mener une vie d’engagement et d’œuvres pour Dieu. Le Saint-Esprit est minimisé au rang des bonnes œuvres, des valeurs et de la morale dites chrétienne. Désolé, mais selon la Parole de Dieu, ce n’est pas le Saint-Esprit ; c’est l’esprit pharisien d’atmosphère, trompeur, sans saveur, qui n’éclaire pas au-dedans ni au-dehors. C’est l’esprit malin du légalisme de prescription dans un esprit religieux qui se veut gagner son salut par les œuvres. C’est aussi souvent une piété de transmission familiale qui est enracinée dans les valeurs du christianisme et la bonne conduite, dans une religion aux fondations purement humaines qui mèneraient au salut. Rappelons que la loi et les traditions ne mènent pas au salut mais démontrent au contraire que nous sommes incapables de recevoir le salut par le légalisme et le mérite. Le salut est reçu par grâce !
Mais il y a surtout confusion parce que ce qui se voit, s’entend, se pratique paraît tellement religieux et spirituel, même lorsque cela est léger (il y a en effet des degrés d’implication religieuse), que pour la grande majorité, ces personnes sont perçues comme des disciples de Jésus. C’est là qu’il y a confusion entre le titre de chrétien avec une consommation de traditions, de présences événementielles, d’expériences, et la consécration véritable d’un disciple qui ne vit que pour Christ et rien que pour Lui. La surface de la piété de convenance, religieuse, légaliste, est telle que la pratique religieuse laisse croire que leur foi est absolue. Ils ont en effet une foi, mais elle n’est pas en Christ ; elle est en une religion humaniste, bien ordonnée et, je le répète, légaliste avec ses traditions, ses sacrements, ses expériences. Les fruits de la piété de convenance ne sont pas intérieurs mais extérieurs, et une vie de piété de convenance ne change pas une âme ; au contraire, elle l’a trompe diaboliquement. Ce sont des centaines de millions d’âmes qui pratiquent la piété de convenance avec un dieu (à leur convenance) qui les sert eux plutôt que de le servir Lui ! Ce sont des « CONSO » (consommateurs de bénédictions) et pas des « CONSA » (consacrés en Esprit) qui remplissent les assemblées mais ne sont pas dans l’Église sainte et pure de Dieu. C’est une piété associée au pharisaïsme biblique qui fait passer la loi en priorité. Quelles que soient les assemblées – catholiques, protestantes réformées, évangéliques, charismatiques, orthodoxes, pentecôtistes, baptistes –, la piété de convenance est répandue comme une traînée de poudre depuis des siècles. Ils en ont l’apparence mais il n’en sont pas ! C’est pourquoi Jésus prononcera ce discours pour nous avertir dans **Matthieu 7:17-29** (texte cité intégralement dans l’original, conservé ici) et dans **Luc 18:7-8**.
Il faut bien dire cependant que les ravages de la piété de convenance proviennent en priorité de messages et d’un évangile proclamés par les responsables du culte qui l’est tout autant. L’annonce du véritable Évangile et de la véritable piété n’est plus respectée dans de nombreuses assemblées et dans certaines religions dites chrétiennes. La dilution du message de la croix, la modération en termes de proclamation de la Parole de Dieu, le désir d’attirer par des artifices mondains, de censurer des passages jugés trop durs à l’oreille, de se focaliser sur l’amour, la prospérité, l’estime de soi en sélectionnant des pans entiers de la Bible et en évitant d’en proclamer d’autres avec la même intensité de foi, fabrique de la piété de convenance. On a packagé la Parole de Dieu dans des paquets-cadeaux : pour certains, de traditions et de sacrements ; pour d’autres, de manifestations et d’expériences miraculeuses. Comment, dès lors, ou déjà au sein des assemblées il y a dérive, le bateau ne prendrait-il pas l’eau ? Dans le livre de l’Apocalypse, nous en avons la remarque avec l’alerte sur l’état de l’église en sept figures que nous ferions bien de méditer sans modération. De tout temps, depuis sa chute, l’homme, par sa nature, préfère un Dieu à sa convenance lui permettant de continuer à diriger sa vie de façon charnelle plutôt que de se soumettre à son Créateur et de mourir à sa vieille nature. L’homme veut diriger sa vie tout en étant protégé par Dieu, mais cela n’est pas l’ordre divin. C’est pourquoi il est fondamental de recevoir la pure et sainte doctrine de la grâce qui mène à la foi et rejette toute substitution de conversion et de piété.
Quelles sont, de fait, ses dérives principales ?
1. Une forme d’hypocrisie.
On prie, on donne, on jeûne bien plus pour être vu des hommes et non de Dieu, bien plus pour une satisfaction personnelle que pour servir le Seigneur (Matthieu 6:1-18, texte cité intégralement).
2. On est légaliste.
On multiplie les règles et les observances pour se donner bonne conscience ou pour juger les autres. L’attachement à la loi, aux valeurs, aux règles pour être reconnu est essentiel dans la vie d’un religieux à la piété de convenance. L’important est de respecter les traditions, le rythme, les horaires, de servir aux tâches logistiques et de participer activement à l’assemblée. L’évolution vers des responsabilités peut aussi être au programme d’une vie à l’apparence très pieuse, très participative extérieurement.
3. On vit dans le confort moral.
La foi de convenance sert à se rassurer : « Je vais à l’église, je suis en règle, je respecte les valeurs bibliques » sans vraie et profonde transformation intérieure. Il y a une sincérité réelle mais les fruits n’y sont pas. Jésus ne nous demande pas d’être actif dans la loi mais dans la foi. Il nous parle des œuvres de la foi en proclamant que la foi sans les œuvres n’est pas conforme à la grâce. Il parle d’œuvres d’un cœur renouvelé, pas d’œuvres méritoires, visibles, qui rassurent et donnent bonne conscience.
4. Il y a en plus le rejet des « imparfaits ».
On exclut ceux qui ne correspondent pas au moule de la respectabilité, ceux qui sont inconstants et qui ne font pas d’efforts. On juge sur l’apparence, le travail et l’engagement visible et on met l’accent sur les fautes, sur la forme et pas sur le fond, sur ce qui change une vie de l’intérieur.
Le contraste avec la véritable piété
La vraie piété est intérieure et sincère devant Dieu seul (Matthieu 6:6). Elle produit des fruits intérieurs comme l’humilité, la miséricorde, la pureté de cœur (Matthieu 5:3-8). Elle n’a pas besoin d’approbation humaine car elle cherche uniquement l’approbation de Dieu. Jésus dénonce précisément cette fausse piété chez les pharisiens (Matthieu 23). La véritable piété n’est pas l’étalage d’actions et d’œuvres charnelles, religieusement correctes ; elle cultive la repentance, le pardon, la compassion et reconnaît l’état dépravé de la nature humaine. Elle n’a pas d’autre objectif que de servir le Seigneur par un comportement qui respecte ses commandements par la foi. Elle agit sur le caractère et ses mauvaises herbes et sur une consécration croissante pour l’édification du Royaume. Elle n’est pas religieusement méritoire et elle s’abandonne entre les mains du Créateur pour se laisser façonner. Elle ne cherche pas à être bien vue pour le respect du culte mais elle désire être le fruit d’un brisement du péché. C’est pourquoi il y a des dealers, des bourreaux, des malfrats, des violents qui changent radicalement. C’est pourquoi même celles et ceux qui n’ont jamais pratiqué de telles choses ne se considèrent pas mieux et ressentent du dégoût pour leur nature charnelle. La véritable piété fuit l’évangile de prospérité, d’estime de soi, des assemblées qui prêchent ce type de message de convenance.
3. La piété charismatique : « Je manifeste visiblement ma spiritualité »
Nous pourrions aussi l’appeler la piété émotionnelle. Passons maintenant à cette piété qui met l’accent presque exclusivement sur les expériences spirituelles intenses, les manifestations spectaculaires, les émotions fortes. Une piété basée sur des signes extérieurs bien visibles, une spiritualité qui s’apparente parfois et trop souvent à un spectacle de cour des miracles. Cette forme de spiritualité, je l’ai connue durant 20 ans ; elle se caractérise par le parler en langues, l’imposition des mains, les paroles et la louange prophétiques, une prédication centrée principalement sur le Saint-Esprit, les manifestations spectaculaires, les appels à répétition pour se convertir en une phrase, les soirées-concerts et passages de prophètes qui vont révéler des prophéties et paroles de connaissance. C’est aussi, en grande majorité, des messages sur le bonheur d’être en Christ et sur ce qu’Il nous apporte. Pourquoi pas, me direz-vous, n’y aurait-il pas de bonnes choses ? Disons-le clairement : en l’absence du message de la croix et d’appel premièrement à la repentance, en l’absence de la Parole divine sur l’état de l’âme humaine et sur la souveraineté de Dieu, le déséquilibre spirituel creuse un trou béant qui alimente une piété émotionnelle qui ne correspond pas à l’Évangile radical de Jésus. Pour l’avoir vécu, j’ai durant 20 années baigné dans l’émotionnel avec une nourriture spirituelle tellement légère qu’elle faisait grossir mon ego religieux au lieu de façonner mon âme à l’humilité et à me consacrer au Seigneur en diminuant selon sa volonté et non selon la mienne.
La piété charismatique dans sa forme extrême nous entraîne à pratiquer, voire à idolâtrer, des rites dits spirituels plutôt que de rechercher une relation intime et une étude approfondie de la Parole de Dieu. Jésus ne désire pas voir des rangées entières tomber en arrière au passage de prédicateurs charismatiques douteux ; Il désire voir et entendre des cœurs transformés qui Le servent pour sa gloire. Il n’est pas dans l’événementiel religieux extérieur mais dans l’intimité de la grâce qui, en Esprit, change un cœur de pierre en un cœur rempli d’amour et de sainteté. Il n’est pas dans l’extravagance spirituelle mais dans la discrétion divine qui agit par sa toute-puissance en dehors de toute émotion. La piété est charismatique lorsqu’elle n’accorde qu’une importance secondaire à la Parole de Dieu au profit d’une spiritualité de manifestations. Je ne suis pas pour le cessationisme et je pense que Jésus agit avec puissance, mais il y a une vérité implacable : sa guérison est avant toute chose dans l’âme en éradiquant le péché originel par sa grâce efficace. Les fruits de la véritable piété, c’est une vie littéralement changée.
Et pour cela, Jésus n’agit pas extérieurement mais bien intérieurement selon son bon vouloir. Combien de fois n’ai-je pas entendu, pour de la guérison physique : « Seigneur, guéris mon frère au nom de Jésus ». Ne serait-il pas plus biblique de préciser, sans chercher à influencer Jésus : « Seigneur, je te remets mon frère, tu connais sa maladie, tu as le pouvoir de le guérir, je m’en remets à toi, que ta volonté soit faite ». Combien de fois n’ai-je pas entendu : « Tu veux connaître Jésus et être sauvé, ouvre ton cœur et reconnais-Le comme ton Sauveur et Seigneur ; en faisant cela, tu vas recevoir le salut de ton âme pour la vie éternelle » – cela avec l’imposition des mains en précisant le fameux : « Répète après moi… ». Quiz du message de la repentance, du péché, de la croix ? Ce que Jésus souhaite que l’on annonce, c’est l’état de dépravation de notre nature, le péché et son sacrifice à la croix qui paie notre dette. Mais Il est ferme sur le fait de renoncer à notre péché et de porter notre croix (Matthieu 16:24). Il ne demande pas de manifestation mais juste de recevoir en Esprit les mots qui annoncent l’Évangile qui brise le péché. Son premier message est LA REPENTANCE ! Sans la grâce qui produit la repentance et la mort à notre vieille nature, on peut chercher à influencer sa volonté par des manifestations charismatiques : rien ne changera un cœur en dehors de la grâce.
L’idolâtrie des manifestations chez les charismatiques, tout autant que l’étude de la doctrine pour tout comprendre chez les réformés religieux, est le grand danger qui gangrène les assemblées. Dans ces cas extrêmes, on manque la cible et on se trompe de chemin. Agir sur la forme au lieu de se laisser porter par la lame de fond est le signe, par contre, de conversions qui paraissent bien plus qu’elles ne sont réellement. Je connais beaucoup de frères et sœurs qui alertent sur cette dérive qui fait beaucoup de ravages. D’un côté, il y a ceux qui pensent (les invités, les visiteurs) que l’on est dans une secte avec des pratiques de fous ; de l’autre, il y a ceux (les membres actifs) qui se prennent pour les super-religieux hyper-spirituels avec une soif de miracles qui n’en sont pas ; et enfin, il y a les pauvres influencés (les membres passifs) dans ces assemblées, qui se disent qu’ils n’ont pas le Saint-Esprit parce qu’ils ne parlent pas en langues. Tout est extrême lorsque l’on pratique la piété charismatique, et le réveil, mes amis, est douloureux pour ceux qui en prennent conscience, éclairés enfin par Christ. C’est alors que s’en vient la confrontation lamentable entre les pieux charismatiques et les pieux réformés où chacun se renvoie la balle pour affirmer qu’il est dans le vrai et pas l’autre. Que Jésus éclaire ce désordre qui salit la famille de Dieu.
Les dérives principales de cette piété charismatique
Nous sommes dans le subjectivisme extrême : on parle de Dieu, « Je sens Dieu, Dieu m’a dit, j’ai reçu, etc. » devient le critère ultime de vérité, au détriment de la Parole écrite, de mettre l’accent sur le message de la croix et de Jésus sur la repentance, l’obéissance, la grâce, le service, la correction et la souveraineté. On fait parler Dieu plutôt que d’étudier sa Parole ; on proclame des prières haut et fort pour que tous entendent et on recherche en permanence des paroles de connaissance. Le parler en langues est au cœur de l’assemblée comme l’emblème sacré et suprême indispensable pour toutes et tous, alors qu’il n’est qu’un don que Dieu réserve à certains dans une pratique tout aussi sélective. On est là pour s’exprimer dans la louange, les prières et les prophéties. Qui a-t-il de mal, me direz-vous ? La forme qui ne correspond pas au fond, mes amis. Il va de soi que je ne généralise pas ; je parle de celles et ceux qui sont dans cet état qui ne correspond pas du tout à la véritable piété. J’ai connu, dans des assemblées charismatiques, de vrais disciples de Dieu, bien entendu.
Sur les dérives, il y a la recherche de sensations fortes et ils confondent Esprit Saint et émotion. La source aux frissons, aux prophéties personnelles, aux guérisons spectaculaires, à la louange prophétique est au programme. On vient chercher du charisme, de l’expression vivante, des manifestations, le rythme musical plus qu’une louange sans instrument ; on veut du spectaculaire qui démontre que Jésus agit avec le feu et la puissance. N’y a-t-il pas le risque d’une dérive qui entraîne à rechercher un Dieu qui nous serve plutôt que d’en être son fidèle et obéissant disciple ?
Troisième dérive : il y a, dans ce cas, une dévalorisation de la piété « véritable » qui est la prière silencieuse dans ton lieu secret, l’obéissance quotidienne à la Parole révélée, la souffrance patiente. Un tel discours, pour les pieux charismatiques, est jugé « tiède » et n’a rien de vivant. Il faut de l’action, mes amis. Combien de cultes minimisent de beaucoup le temps de prédication par rapport au temps de louange. Il est bien plus jouissant de chanter et de vivre des expériences que d’entendre la Parole de Dieu. Je peux parler des assemblées charismatiques puisque je les ai fréquentées durant deux décennies et je puis affirmer avec objectivité qu’elles sont, en très grande majorité, centrées sur de l’émotionnel, de l’accommodation à certaines attractions qui attirent le monde et que le déficit du message de la croix et de la doctrine de la grâce est archi-dilué. Combien de pasteurs m’ont affirmé : « Tu sais, Daniel, si on annonce la croix telle qu’elle est, nous allons les faire fuir ; il faut y aller crescendo. » En clair, on attire avec du sucre et on ne propose ensuite jamais de fruits et légumes.
Quatrième dérive, et elle n’est pas des moindres : c’est le risque de déception spirituelle. En l’absence du véritable Évangile, de la connaissance et de l’obéissance aux commandements de Dieu, les défenses immunitaires spirituelles sont très affaiblies. Ces pieux charismatiques vont, pour beaucoup, sombrer dans les mains du diable lors d’épreuves qui seront sur leur chemin. Quand les expériences diminuent, la foi s’effrite, car elle n’était pas ancrée en Christ crucifié mais dans les manifestations émotionnelles.
Le contraste avec la véritable piété
La vraie piété est sobre et enracinée dans la Parole de Dieu (Psaume 119 ; 2 Timothée 3:16-17). Elle valorise la fidélité dans les petites choses et dans les saisons sèches. Les émotions sont bienvenues quand elles découlent de la vérité, mais elles ne sont pas le fondement. La croix reste centrale avec une piété qui accepte que Dieu soit parfois silencieux ou que la vie chrétienne comporte des déserts.
CHAPITRE 2
EXEMPLES DE DÉRIVES DANS CHACUNE
DES 3 « PIÉTÉS » DÉVIANTES !
Voici des exemples concrets pour chacune des trois piétés déviantes, avec des exemples concrets (tirés de la vie contemporaine ou historiques, mais toujours actuels) et des versets bibliques qui dénoncent explicitement ou implicitement cette dérive.
1. Concernant la piété humaniste
Sa dérive principale est que la foi est réduite à une morale humaine, un épanouissement personnel ou une justice sociale sans soumission à la seigneurie de Christ. Dieu devient un moyen pour le bien de l’homme, pas la fin ultime.
Quelques exemples concrets :
Nous avons des soi-disant chrétiens qui disent : « Jésus est venu pour que nous ayons une vie abondante » (en interprétant cela comme succès financier, santé parfaite, réalisation de soi), sans jamais parler de repentance ou de porter sa croix. Ils confondent la grâce commune avec la grâce efficace. Vous avez des mouvements comme « chrétiens progressistes » qui placent la cause LGBTQ+, l’écologie ou l’antiracisme au centre, en reléguant la doctrine du péché, de la croix et du jugement au second plan. Enfin, vous avez des livres et des prédications qui présentent Dieu comme un « coach personnel » qui veut que tu réussisses tes rêves, sans insister sur la sainteté ou l’obéissance. Il y a un mélange de valeurs chrétiennes et d’ésotérisme.
Quels sont les versets qui dénoncent ces pratiques ?
Ésaïe 29:13 « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi. C’est en vain qu’ils me rendent un culte ; les commandements qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains. » (La piété devient une invention humaine.)
Colossiens 2:8 « Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie, s’appuyant sur la tradition des hommes, sur les rudiments du monde, et non sur Christ. »
2 Timothée 3:5 « Ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force. » (Une piété qui a la forme extérieure de la religion mais sans la puissance de transformation de l’Évangile.)
2. Concernant la piété de convenance
Il y a dérive car la pratique religieuse est motivée par l’apparence, le statut social ou la bonne conscience extérieure, sans véritable transformation du cœur. C’est l’étalage des valeurs mais pas d’un cœur changé qui annonce servir Dieu et mourir à la vieille nature. Il n’y a pas de nouvelle naissance.
Prenons quelques exemples concrets :
Aller à l’église tous les dimanches, participer à toutes les activités, mais vivre une vie secrète de mensonge, d’avarice ou d’amertume à la maison. Prenez des responsables d’Église qui insistent sur le code vestimentaire, la ponctualité ou les traditions (« on a toujours fait comme ça »), tout en tolérant la médisance ou l’orgueil. Enfin, donner publiquement à des œuvres caritatives pour être applaudi ou pour se sentir moralement supérieur, sans compassion réelle pour les pauvres. L’accent placé sur le fait que Jésus est amour et que tous les hommes seront sauvés. La prière aux saints plutôt qu’à Jésus et le culte idolâtre à Marie.
Les versets qui dénoncent ces pratiques :
Matthieu 6:1-6, 16-18, Jésus dénonce directement l’hypocrisie des pharisiens qui pratiquent leur justice « pour être vus des hommes » (aumône, prière, jeûne publics).
Matthieu 23:23-28 « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! [...] Vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui, au dedans, sont pleins d’ossements de morts et de toute espèce d’impureté. »
Jacques 1:26-27 « Si quelqu’un croit être religieux, sans tenir sa langue en bride [...] sa religion est vaine. La religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se garder des souillures du monde. » (La vraie piété est intérieure et pratique, pas seulement rituelle.)
3. La piété charismatique (ou émotionnelle/d’expérience)
Ici, la dérive principale est que la foi repose sur les sensations, les expériences spectaculaires ou les signes, au détriment de l’obéissance à la Parole et de la fidélité qui se doit.
Quelques exemples concrets :
- Des chrétiens qui jugent la qualité d’un culte à l’intensité émotionnelle (« j’ai ressenti des frissons, Dieu était là ») et délaissent une assemblée où la Parole est prêchée fidèlement mais sans « ambiance ».
- Le fait de courir de conférence en conférence pour recevoir une nouvelle « onction », une prophétie personnelle ou une guérison spectaculaire, tout en négligeant la sanctification quotidienne.
- Enfin, accepter une doctrine ou un enseignement parce qu’il est accompagné de manifestations (rires, chutes, « feu ») qui nous plaisent, sans le vérifier à la lumière de l’Écriture.
Les versets qui dénoncent ces pratiques :
Jérémie 23:16-17 « Ainsi parle l’Éternel des armées : N’écoutez pas les paroles des prophètes qui vous prophétisent ! Ils vous entraînent à des choses de néant ; ils publient les visions de leur cœur, et non ce qui vient de la bouche de l’Éternel. »
Matthieu 7:21-23 « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! [...] n’est pas celui qui entre dans le royaume des cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Père. [...] Je leur dirai : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. » (Même ceux qui ont prophétisé, chassé des démons et fait des miracles peuvent être rejetés s’ils n’obéissent pas.)
2 Timothée 4:3-4 « Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l’oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables. »
Deutéronome 13:1-3 Dieu permet même des signes et miracles pour tester si nous aimons vraiment Sa Parole plus que les expériences.
Frères et sœurs, ces dérives ne sont pas nouvelles ; l’Écriture les anticipe et les condamne déjà.
CHAPITRE 3
QUELLES RÉPONSES À APPORTER À CHACUNE
DES 3 « PIÉTÉS » DÉVIANTES ?
Pour chacune de ces trois piétés déviantes, il est essentiel de proposer une réponse : non seulement dénoncer la dérive, mais surtout inviter à la véritable piété, enracinée dans l’Évangile, centrée sur Christ et nourrie par la Parole de Dieu. Voici, pour chaque catégorie, une réponse claire et pratique avec des versets clés et des applications concrètes.
1. Réponse pour la piété humaniste
Dans ce cas, il nous faut recentrer la piété sur la gloire de Dieu plutôt que sur l’épanouissement de l’homme. Reconnaître que nous sommes créés pour Dieu, pas Dieu pour nous. La vraie piété commence par l’adoration d’un Dieu saint, la repentance du péché et l’acceptation de la croix comme chemin de vie.
Jean 17:3 « Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. »
Romains 11:36 « Car tout est de lui, et par lui, et pour lui ! À lui la gloire éternellement ! Amen. »
Marc 8:34-35 « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. »
Voici quelques conseils pratiques : dans la prière et la prédication, insister sur la sainteté de Dieu avant ses bienfaits ; refuser de réduire l’Évangile à un « développement personnel » et prêcher la croix comme folie pour le monde, mais puissance de Dieu. Engager les causes sociales à partir de l’Évangile (justice parce que Dieu est juste, miséricorde parce qu’Il nous a fait miséricorde), et non l’inverse.
Vous pouvez conclure : La vraie piété ne demande pas : « Qu’est-ce que Dieu peut faire pour moi ? » mais : « Comment puis-je glorifier Dieu dans tout ce que je suis et fais ? »
2. Réponse pour la piété de convenance
Avec ces personnes, il nous faut cultiver une piété du cœur, sincère et secrète devant Dieu seul. Pratiquer la justice, la miséricorde et la fidélité sans chercher l’approbation des hommes. La vraie piété transforme l’intérieur avant l’extérieur. Nous devons avoir le bon témoignage du disciple et nous appuyer sur Jésus. Il est bon de les alimenter en Parole de Dieu avec sagesse lors de nos rencontres, sans chercher à convaincre mais remplis de la vie de l’Esprit.
Matthieu 6:6 « Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. »
1 Samuel 16:7 « L’Éternel ne considère pas ce que l’homme considère ; l’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde au cœur. »
Michée 6:8 « On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien ; et ce que l’Éternel demande de toi, c’est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde, et que tu marches humblement avec ton Dieu. »
Nous devons pratiquer des actes de piété en secret (prière, jeûne, aumône) sans en parler, examiner régulièrement ses motivations : « Est-ce que je fais cela pour Dieu ou pour mon image ? » et accueillir les pécheurs repentants et refuser le jugement basé sur l’apparence ou les traditions humaines.
« La vraie piété ne cherche pas à être vue des hommes, mais à plaire à Dieu dans le secret du cœur. »
3. Réponse pour la piété charismatique
Il est fondamental de préciser que la piété découle de la Parole de Dieu qui est autorité suprême. Il faut valoriser l’obéissance fidèle, même dans les saisons sèches. Nous devons aussi préciser que les expériences et certaines émotions sont les bienvenues quand elles découlent de la vérité révélée, mais elles ne sont jamais et ne peuvent à elles seules constituer le fondement de la foi.
Jean 20:29 « Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru ! »
Psaume 119:105 « Ta parole est une lampe à mes pieds, et une lumière sur mon sentier. »
2 Timothée 3:16-17 « Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre. »
Jacques 1:22 « Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter, en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements. »
Pour être clair, il faut juger toute expérience, prophétie ou émotion à la lumière de l’Écriture (Actes 17:11), cultiver la fidélité quotidienne avec une lecture méditative de la Bible, une vie de prière sobre, un service discret, même sans « ressenti » particulier. Il faut aussi accepter les déserts spirituels comme des temps où Dieu forme la foi authentique, non basée sur les sensations. La vraie piété ne court pas après les expériences, mais s’attache à Christ révélé dans la Parole, et Lui obéit fidèlement, avec ou sans émotion.
CHAPITRE 4
QUELLE EST LA VÉRITABLE PIÉTÉ ?
La véritable piété n’est ni une performance humaine, ni une quête d’épanouissement personnel, ni une recherche d’émotions fortes ou d’apparences respectables. Elle est avant tout une relation vivante et sincère avec le Dieu saint, rendue possible par la grâce de Jésus-Christ et nourrie par l’Esprit Saint. Voici ses caractéristiques essentielles, en contraste avec les 3 piétés de substitution que nous avons examinées :
1. Une piété centrée sur Dieu, non sur l’homme.
Contrairement à la piété humaniste qui place l’homme et ses besoins au centre, la vraie piété reconnaît que tout est de Dieu, par Dieu et pour Dieu (Romains 11:36). Son but premier est de glorifier Dieu et de jouir de Lui éternellement. Elle adore Dieu pour qui Il est, Saint, juste, miséricordieux et pas seulement pour ce qu’Il nous donne.
2. Une piété issue du cœur, non de l’apparence.
Face à la piété de convenance qui soigne l’extérieur, la vraie piété est intérieure et sincère. Dieu regarde au cœur (1 Samuel 16:7). Elle pratique la justice, la miséricorde et l’humilité en secret quand c’est possible (Matthieu 6:1-18), sans chercher l’approbation des hommes, mais uniquement celle du Père céleste.
3. Une piété enracinée dans la Parole et l’obéissance, pas dans l’expérience.
À l’opposé de la piété charismatique qui court après les sensations, la vraie piété s’attache à la vérité révélée dans l’Écriture (Psaume 119:105 ; 2 Timothée 3:16-17). Elle met la Parole en pratique (Jacques 1:22), elle obéit fidèlement même dans les saisons sèches, et accepte que la foi véritable peut exister sans frissons, manifestations ni signes spectaculaires. Les émotions et expériences sont bienvenues lorsqu’elles découlent de la vérité, mais elles ne sont jamais le fondement.
4. Une piété marquée par l’humilité, la repentance et la croix.
La piété pure et sainte commence par la crainte révérencielle de Dieu (Proverbes 1:7 ; 9:10) et la reconnaissance de son propre péché. Elle accepte de renoncer à soi-même et de porter sa croix à la suite de Christ (Marc 8:34). Elle est humble, miséricordieuse envers les faibles, et refuse tout orgueil spirituel.
5. Une piété pure et pratique.
Comme le résume si bien l’Écriture : « La religion pure et sans tache devant Dieu notre Père consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se garder des souillures du monde. » (Jacques 1:27) et Michée 6:8 : « On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien ; et ce que l’Éternel demande de toi, c’est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde, et que tu marches humblement avec ton Dieu. »
En résumé
La véritable piété est une vie entière offerte à Dieu par amour pour Christ, transformée par sa grâce, guidée par sa Parole, vécue dans l’humilité et la fidélité quotidienne, que ce soit dans le silence ou dans l’épreuve, dans la joie ou dans la souffrance. Elle ne cherche ni à impressionner les hommes, ni à se réaliser soi-même, ni à provoquer des expériences spectaculaires. Elle cherche simplement à plaire à Dieu, à Le connaître toujours plus, et à refléter son caractère dans le monde. C’est cette piété-là que le Seigneur recherche, « un cœur brisé et contrit » (Psaume 51:19), un cœur qui dit comme le psalmiste : « Mon âme est attachée à toi ; ta droite me soutient » (Psaume 63:9).
Voilà ce qu’est la piété authentique !
CHAPITRE 5
LA VÉRITABLE PIÉTÉ VIENT DE DIEU !
La véritable piété ne provient pas de l’homme, car l’homme naturel est incapable de produire quoi que ce soit qui plaise réellement à Dieu.
Par nature, notre cœur est incliné au mal, et même nos valeurs, notre justice, nos œuvres caritatives et bienveillantes sont comme un vêtement souillé devant Lui (Ésaïe 64:6). La vraie piété est donc entièrement un don de Dieu ; elle est produite en nous par l’œuvre régénératrice et sanctificatrice de l’Esprit Saint, sur la base de l’œuvre accomplie de Christ. Même le libre arbitre ne peut nous conduire au salut, à la repentance, sans l’intervention de Jésus. Notre libre arbitre, esclave du péché, nous conduit, de par sa nature dépravée, au rejet systématique de Dieu.
Comment cela se produit-il, étape par étape, selon l’Écriture ?
1 - La régénération : Dieu nous donne un nouveau cœur !
La piété authentique commence par la nouvelle naissance, qui n’est pas le fruit de notre effort, mais l’œuvre souveraine de Dieu.
Ézéchiel 36:26-27 : « Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon Esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances. »
Jean 3:5-6 « Si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. »
Dieu, par son Esprit, nous rend spirituellement vivants. Il remplace notre cœur rebelle par un cœur sensible à sa Parole, capable de l’aimer et de le craindre.
2 - La justification : Christ devient notre justice
Nous sommes acceptés devant Dieu non à cause de notre piété, mais à cause de la justice parfaite de Christ qui nous est imputée par la foi seule, par sa grâce efficace.
Philippiens 3:9 « Être trouvé en lui, non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s’obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi. »
Cette acceptation gratuite libère la piété de toute motivation intéressée : nous n’obéissons plus pour mériter le salut, mais parce que nous sommes déjà aimés et acceptés, répétons-le, par la grâce seule de Jésus.
3 - La sanctification : l’Esprit produit en nous le désir et la capacité d’obéir
La vraie piété grandit progressivement par l’œuvre continuelle de l’Esprit Saint qui habite en nous.
Philippiens 2:13 « Car c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. »
Galates 5:22-23 « Le fruit de l’Esprit est : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi. »
Dieu ne se contente pas de nous commander d’être pieux ; Il produit en nous le désir (le vouloir) et la capacité (le faire) de vivre pour Lui. C’est l’action du Saint-Esprit reçu à la nouvelle naissance.
4 - Les moyens de la grâce
Dieu nourrit cette piété par sa Parole, la prière et la communion fraternelle, bien que la piété soit un don divin. Dieu l’entretient et la fait croître au moyen d’instruments qu’Il a établis qui sont :
La Parole de Dieu, « Sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité » (Jean 17:17). La lecture, la méditation et la prédication de l’Écriture renouvellent notre esprit.
La prière : l’Esprit nous aide dans notre faiblesse et intercède pour nous (Romains 8:26).
Les actions de grâce (baptême et Sainte Cène) : ils sont des signes et des sceaux de la grâce qui fortifient notre foi.
La communion des saints : l’encouragement mutuel et l’exemple des frères et sœurs stimulent notre croissance.
Tout est de Dieu, de A à Z !
Nous ne choisissons pas Dieu par notre propre piété
→ Il nous choisit et nous régénère.
Nous ne méritons pas le salut par notre obéissance
→ Christ l’a mérité pour nous.
Nous ne produisons pas la piété par nos efforts
→ l’Esprit la produit en nous.
Nous ne la maintenons pas par notre force
→ Dieu la préserve jusqu’au bout (Philippiens 1:6).
La véritable piété est le miracle de la grâce : un cœur autrefois mort qui bat désormais pour Dieu, un pécheur qui aime la sainteté, une vie qui reflète faiblement mais réellement la gloire de Christ.
C’est pourquoi le vrai croyant ne s’enorgueillit jamais de sa piété, mais s’émerveille toujours : « Ce n’est plus moi qui vis, mais Christ qui vit en moi » (Galates 2:20). Et lorsqu’il tombe, il se relève non par sa propre résolution, mais par la même grâce qui l’a relevé la première fois. La piété authentique est toujours accompagnée d’humilité profonde, car celui qui la possède sait qu’elle ne vient pas de lui, mais de Dieu seul. À Lui soit la gloire !
CONCLUSION
Voilà, frères et sœurs, pour cette brève analyse de ce qui peut détourner du chemin et de la vérité et nous empêcher de suivre Jésus (Matthieu 16:24). Le but, en Jésus, en Esprit, né de nouveau, n’est pas de rechercher une assemblée ou une religion qui nous correspond, mais l’Église de Dieu, l’authentique, la vraie, qui n’est pas dans les murs et qui brisera de toute façon notre orgueil et nous façonnera. C’est pourquoi Paul précise que l’Évangile est une folie, que la nature humaine ne peut comprendre. Depuis des siècles, l’homme n’a cessé de vouloir détourner l’Évangile à son profit afin de ne pas mourir à sa vieille nature (Je veux bien de Dieu pour ma protection mais dans le même temps rester au contrôle et ne pas Lui confier totalement ma vie). Aujourd’hui, il y a foison de faux prophètes et de transmissions d’évangiles humanistes, de convenances, de complaisances, de prospérité personnelle, d’estime de soi et d’expériences en écartant le véritable message qui brise le péché originel, celui qui te demande de renoncer et de porter ta croix. Jamais la Parole de Dieu n’a subi autant d’amputations, de censures pour fabriquer un faux Jésus et un évangile qui offre à tous un salut. Chacun peut faire son marché pour adhérer à une piété, une religion, une dénomination, une doctrine faites sur mesure pour satisfaire son ego. On a le choix d’être un bon catho, un bon élève de la doctrine protestante, un super-spirituel charismatique chez les évangélistes. Chaque dénomination y va de sa profession de foi, de son expérience pour attirer les perdus(es). On multiplie les actions avec une touche mondaine pour attirer vers un bien-être de développement personnel.
Quelle abomination, qui salit la croix et Christ pour glorifier l’ennemi de nos âmes. Pour ma part, je confesse que : « J’ai quitté les assemblées pour rejoindre l’Église de Christ » ; cela est une affirmation spirituelle qui pose la question de savoir où nous sommes et en quoi nous croyons. Quelle est notre foi : une forme adaptée à notre convenance ou une consécration quelques soient les oppositions, les épreuves et la souffrance qu’elle produit. Une vie pieuse en Jésus est une souffrance tout autant qu’une joie immense car elle nous demande de cesser de vivre pour nous et de vivre pour Jésus. C’est contraire à notre nature et le péché existentiel ne cessera jamais de venir nous titiller. Mais le Saint-Esprit, ce relais divin, nous permet de résister et de combattre. La Gloire de Dieu devient alors notre seule raison de vivre puisque nous LUI devons tout.
1 Corinthiens 4:7 : « Car qui est-ce qui te distingue ? Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l’avais pas reçu ? »
Peut-être es-tu dans l’une de ces 3 piétés qui ne sont pas la véritable et que ce message t’interroge ? Peut-être ressens-tu cette tiédeur sans pour autant l’apprécier et ton âme a soif d’être libérée et de marcher enfin sur le bon chemin, celui de la vérité qui mène au salut éternel ? Jésus frappe à ta porte afin que tu ne sois plus esclave de faux-semblants, de fausses croyances et que sa Gloire resplendisse dans ton cœur. Peut-être ressens-tu jaillir au fond de toi cette repentance venue d’une profondeur de cœur encore jamais exprimée et qui doit sortir ? Peut-être es-tu simplement fatigué de faire du yoyo dans tes pensées et qu’une libération est devenue indispensable ? Tout cela, je l’ai un jour ressenti et mon cœur a ouvert la porte au Seigneur pour vivre avec Lui par la foi dans l’Éternité et le bonheur. Oh je sais bien que ce temps sur terre ne sera pas un long fleuve tranquille mais comparé à l’Éternité, il n’y a pas photo ! D’athée, je suis passé à consommateur puis de consommateur à consacré et de consacré à disciple avec le privilège incomparable de servir le Roi des Rois sans artifice religieux, ni religiosité légaliste mais juste en adoration quelque soit ce qui m’attend, je Lui dois tout ! Alors penses-tu que son invitation se refuse ? La réponse est dans la question…
Que la Gloire de Jésus résonne dans ton cœur ! Amen…
Daniel Gilman


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