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  • Roy Hession

LE RÉVEIL DANS NOS FOYERS



Dans le plus beau des jardins que la terre ait connus, vivaient, il y a des milliers d’années, un homme et une femme créés à l’image de Dieu. Le but de leur vie était d’être, à chaque instant, les témoins de la gloire du Créateur aux yeux même de la création tout entière. Ils acceptaient leur position de simples créatures vis-à-vis de Dieu dans une soumission et un abandon total à sa volonté. Ils n’existaient pas pour eux-mêmes, mais pour lui. De ce fait, ils étaient aussi soumis l’un à l’autre, et l’harmonie parfaite régnait dans le foyer. C’était la paix, l’amour, la communion non seulement avec le Seigneur, mais aussi entre eux. Puis, un jour, le serpent se glissa dans ce foyer fondé sur Dieu, et avec le serpent entra le péché. Alors, la paix de Dieu disparut de leur cœur, l’harmonie quitta le couple. Désormais, ils ne vécurent plus pour Dieu, mais chacun pour soi. Ils furent comme des dieux (Genèse 3 : 5), soucieux de leur propre gloire, recherchant l’adoration. Le moi devint le centre de leur vie. Ne vivant plus pour Dieu, ils ne vécurent plus l’un pour l’autre. À la paix, l’harmonie, l’amour, la communion, succédèrent la discorde, la haine, etc. En un mot : le péché.


LE RÉVEIL COMMENCE DANS LE FOYER


Le péché est entré d’abord dans le foyer. C’est sûrement là que nous péchons le plus. C’est donc bien là que le Réveil doit commencer. Certes, le Réveil est impérieusement nécessaire dans l’Église, dans le pays que nous habitons, dans le monde tout entier. Mais une Église réveillée composée de foyers non réveillés serait une vaste hypocrisie. Oui, c’est dans le foyer que doit commencer le Réveil, et il ne sera durable qu’à cette condition. C’est là, peut-être, qu’il est le plus difficile, qu’il coûte le plus, mais aussi qu’il est le plus nécessaire.


Avant d’aller plus loin, redisons que le vrai Réveil, c’est tout simplement une nouvelle vie venant d’en haut, versée dans des cœurs où la vie spirituelle a baissé. Ce n’est pas une vie faite d’efforts propres, d’activité fébrile, dont nous aurions nous-mêmes pris l’initiative. Ce n’est pas la vie de l’homme, c’est la vie de Dieu, de Jésus communiquée par le Saint-Esprit, remplissant nos cœurs et débordant sur les autres. Cette vie se manifeste par la communion et l’unité avec ceux de notre foyer. Rien entre nous et Dieu, rien entre nous et notre prochain. C’est avant tout dans le foyer que nous devrions expérimenter cette nouvelle vie.

Combien cela diffère du vécu de plusieurs d’entre nous, nous qui sommes pourtant chrétiens! Petites irritations, sautes d’humeur, égoïsme, ressentiments sont monnaie courante dans nos foyers. Et même s’il n’y a rien de bien méchant entre nous, ce n’est pas pour autant que l’unité et la communion soient parfaites. C’est toujours le même principe infaillible : tout ce qui se place entre nous et Dieu se place entre nous et les autres, et viceversa. Notre communion avec Christ étant interrompue, nos cœurs ne débordent pas de vie divine, et les rapports avec les nôtres s’en ressentent.


QU’EST-CE QUI NE VA PAS DANS NOS FOYERS ?


Au fond, qu’est-ce qui ne va pas dans nos foyers ? Par « foyers », nous entendons toutes les relations qui existent entre femme et mari, entre parents et enfants, entre frères et sœurs ; en somme, toutes les relations de ceux qui sont appelés à vivre ensemble.


Le premier reproche adressé aux chrétiens, c’est qu’au sein de leurs familles, ils ne vivent pas dans la lumière. Nous préférons « fermer les volets ». Les autres ne nous connaissent pas tels que nous sommes ; et nous ne tenons pas à ce qu’ils s’ingèrent dans notre vie. Même ceux qui vivent dans notre intimité ignorent, la plupart du temps, ce qui se passe en nous. Ils ignorent nos difficultés, nos luttes, nos faillites, les chutes qui se répètent souvent, les points sur lesquels nous avons rarement la victoire. C’est bien la conséquence du péché si nous sommes si peu ouverts et transparents à l’égard des autres. Voyez Adam et Ève qui se cachent loin de Dieu, derrière les arbres du jardin d’Éden. N’est-ce pas le péché qui les conduit à agir ainsi ? N’est-ce pas à cause du péché qu’ils se cachent l’un de l’autre ? Il est certainement des réactions intérieures et des pensées qu’Adam n’a jamais dévoilées à sa femme. Comme Ève, de son côté, n’a jamais dit à son mari tout ce qu’il y avait dans son cœur. Et, depuis lors, il en a toujours été ainsi. Nous cachons la vérité sur notre état aussi bien à Dieu qu’à notre prochain. Combien cela est coupable ! Nous couvrons notre vrai moi d’un masque, nous le dissimulons derrière d’épaisses murailles. Parfois, lorsque nous sommes sur le point d’être découverts, nous donnons le change en plaisantant. Nous craignons de rester nous-mêmes, car nous ne voulons pas que les autres nous approchent de trop près et sachent ce que nous sommes en réalité. Ainsi, nous « bluffons ». N’étant pas véridiques avec les autres, il ne peut y avoir de vraie communion au sein de la famille. Avec de telles dispositions, nous ne pourrons jamais réaliser dans notre foyer l’union et la communion parfaites. L’Écriture appelle cela « marcher dans les ténèbres » (1 Jean 1 : 6 ; 2 : 11), car tout ce qui se cache est ténèbres.


LE MANQUE D’AMOUR


La deuxième faille dans nos familles est le manque d’amour. Nous n’aimons pas vraiment les autres. « Ah ! me direz-vous, ce n’est pas le cas chez nous, car on ne peut guère s’aimer plus que ce que nous nous aimons, mon mari et moi ». Certes, nous voulons bien vous croire, mais qu’entendez- vous par « amour » ? L’amour dont parle l’Écriture n’est pas seulement un sentiment, une forte passion. Lisez le passage bien connu de 1 Corinthiens 13 qui définit le véritable amour, et voyez si le vôtre est de la même nature. À cette lumière, nous découvrirons que nous aimons à peine notre prochain et que notre comportement va dans une direction opposée. Or, l’opposé de l’amour, c’est la haine.


Examinons de plus près quelques points concernant l’amour selon 1 Corinthiens 13 : 4-6 :

L’amour est patient, l’amour est serviable, Il n’est pas envieux [jaloux] ;

L’amour ne se vante pas,

Il ne s’enfle pas d’orgueil,

Il ne fait rien de malhonnête [ni en actes ni en paroles],

Il ne cherche pas son intérêt [donc pas égoïste],

Il ne s’irrite pas [il ne s’énerve pas],

Il ne médite pas le mal [il ne nourrit donc pas de mauvaises pensées à l’égard du prochain].


Que reste-t-il de notre « amour » après un pareil examen ? Si souvent, nous agissons d’une manière diamétralement opposée, nous avons de nombreux mouvements d’impatience et répondons ou réagissons sans charité. Que de jalousie aussi ! Un mari peut envier les dons, même les progrès spirituels de sa femme. Il arrive que les parents soient jaloux de leurs enfants et, bien souvent, il existe une jalousie amère entre frères et sœurs.


« Il ne fait rien de malhonnête. » Ceci semble toucher le domaine de la courtoisie dans nos rapports avec les nôtres. Où en êtes-vous sur ce point ? Nous croyons si aisément que nous pouvons nous relâcher à la maison. C’est une erreur ! La courtoisie est une forme de l’amour, elle se manifeste dans les petits détails de la vie collective. Or, n’est-ce pas dans les petites choses que nous trébuchons si facilement ?


« Il ne s’enfle pas d’orgueil. » L’orgueil se manifeste de bien des manières. Nous croyons connaître, « savoir mieux » que les autres. Nous voulons être indépendants, commander tout le monde, tout diriger. Continuellement, nous trouvons à redire aux autres. De telles dispositions produisent le mépris : convaincus de notre supériorité, nous nous plaçons au- dessus du prochain. Peut-on prétendre aimer vraiment quelqu’un que l’on considère comme inférieur, incapable, ignorant ?


« Il ne cherche pas son intérêt. » Il n’est pas égoïste. Hélas ! Que de fois nous plaçons nos intérêts et nos désirs avant ceux des autres.


« L’amour est patient. » La patience est une qualité bien rare, car nous nous irritons pour si peu. Un petit travers de notre frère et nous nous emportons ! Lorsqu’il fait ou ne fait pas telle chose, nous le jugeons sévèrement et conservons dans notre cœur du ressentiment. Sa manière de faire nous irrite. Et, pourtant, nous prétendons nous aimer dans notre foyer !

Ces choses-là se passent tous les jours, et nous n’y prenons pas garde. Elles ne sont pas de l’amour, mais de la haine. L’impatience, la jalousie, l’orgueil, la volonté propre, la mauvaise humeur, le ressentiment, etc., sont autant de formes de la haine. Or, la haine, c’est le péché. « Celui qui prétend être dans la lumière, tout en haïssant son frère, est encore dans les ténèbres » (1 Jean 2 : 9). Tout cela crée, au sein même de la famille, des tensions, des barrières, des discordes qui rendent impossible la communion avec Dieu et avec nos semblables.


LE SEUL « MOYEN »


La question est posée : désirons-nous une vie nouvelle, le Réveil dans notre foyer ? Voulons-nous rester comme nous sommes, ou voulons-nous un renouveau au sein de notre famille ? Évidemment, ce n’est que lorsque nous aurons vraiment faim et soif d’un changement que nous ferons le nécessaire pour l’obtenir.


La première chose à faire, c’est d’appeler le péché par son nom (le mien, pas celui des autres), puis d’aller à la croix, le confesser et croire que Jésus- Christ m’en purifie au moment même.


À la croix, lorsque repentants nous courbons la tête, nous recevons son amour, l’amour qui s’oublie, qui supporte et pardonne. Le sang précieux de Christ nous purifie de tout manque d’amour, de toute volonté coupable, etc., et le Saint-Esprit nous remplit de la nature même de Christ. L’amour décrit dans 1 Corinthiens 13 est celui-là même de notre Seigneur. Cet amour est un don que nous possédons lorsqu’il vit en nous. Nous pouvons l’expérimenter chaque fois que nous apportons notre manque d’amour à la croix pour en être purifiés. Le sang de Christ est, aujourd’hui encore, une source jaillissante. Sans cesse, nous devrons renoncer à nos droits, comme Jésus a renoncé aux siens pour nous. Face à l’égoïsme et à l’orgueil des autres, comment réagirons-nous ? Par notre propre égoïsme et notre propre orgueil, que nous ne voudrons pas sacrifier ? Ou bien, en prenant par amour pour eux des chemins que nous n’aurions pas choisis ? Nous les accepterons humblement comme étant la volonté de Dieu, et nous nous soumettrons aux différentes épreuves que le Seigneur nous enverra pour notre bien. Cela ne signifie nullement qu’il nous faudra considérer l’égoïsme de l’autre comme étant la volonté de Dieu pour lui-même — loin de là — mais seulement comme étant sa volonté pour nous. En ce qui concerne notre prochain, Dieu se servira peut-être de nous — dans la mesure où nous serons brisés — pour l’avertir et le ramener sur la bonne voie. Si nous sommes parents, nous aurons souvent l’occasion de corriger notre enfant, mais ce ne sera pas pour des motifs égoïstes. Nous le ferons uniquement par amour pour lui, c’est-à-dire pour son bien. Ce n’est que sur la voie du sacrifice que l’amour du Seigneur nous remplira et trouvera son expression dans nos actes et notre comportement.


Quand le Seigneur nous aura brisés au Calvaire, nous devrons être prêts à régler les choses avec les autres, quelquefois même avec nos enfants. Ce sera la preuve tangible de notre brisement. Brisement et dureté sont des expressions contraires. Le cœur dur dit : « C’est de ta faute ! » Le cœur brisé dit : « C’est de ma faute ! » Une tout autre atmosphère régnera dans notre foyer si nous employons cette dernière formule. N’oublions pas qu’à la croix, il n’y a de place que pour une seule personne à la fois. Nous ne pouvons pas dire : « J’avais tort, mais tu avais tort aussi ; allons tous les deux à Jésus ». Non ! Il faut aller seul et dire : « C’est de ma faute ». Dieu travaillera beaucoup plus dans le cœur de l’autre par mon brisement que par tout ce que je pourrais dire ou faire.


Il est possible cependant que je doive attendre, et même longtemps, mais cela m’aidera à mesurer un peu la patience insondable de Dieu. Quelqu’un a dit : « Le Seigneur a dû attendre bien longtemps depuis son effort pour rétablir toutes choses, il y a 1900 ans. Et, pourtant, il n’y avait aucun tort de son côté ».


Mais si nous agissons ainsi, Dieu répondra certainement à notre prière et amènera aussi notre frère au Calvaire. Alors, nous serons un. Le mur de séparation s’écroulera et nous pourrons ensemble marcher dans la lumière, dans la vraie transparence l’un avec l’autre, ainsi qu’avec Jésus. Nous nous aimerons ardemment, les cœurs absolument purs. L’unité ne peut avoir lieu qu’au Calvaire, car c’est là seulement que le péché qui nous dresse les uns contre les autres est ôté.


Quand nous parlons d’union parfaite, nous évoquons immédiatement la vision de plusieurs pécheurs réunis au Calvaire.


Roy Hession

« le chemin du calvaire »



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