NOMBRES 17 - Quand Dieu fait fleurir un bâton mort

Contexte historique
Après la révolte de Koré, Dathan et Abiram, que la terre a engloutis, et après la plaie qui a frappé le peuple murmurateur, la question demeure : qui Dieu a-t-il réellement choisi pour s'approcher de lui ? Israël campe dans le désert, la tension est à son comble, et la contestation du sacerdoce d'Aaron n'a pas disparu des cœurs. Dieu met alors fin au débat par un signe visible : douze verges, une par tribu, sont déposées devant le témoignage dans la tente d'assignation. Le lendemain, seule la verge d'Aaron, pour la maison de Lévi, a fleuri et porté des amandes. Elle sera conservée comme témoignage permanent, et le peuple, saisi de crainte, mesure enfin combien il est dangereux de s'approcher du Dieu saint.
Leçons pour aujourd'hui
1. Dieu choisit, et son choix n'est pas soumis à notre vote
"L'homme que je choisirai sera celui dont la verge fleurira, et je ferai cesser de devant moi les murmures que profèrent contre vous les enfants d'Israël." (Nombres 17:5)
Israël voulait discuter la légitimité de celui que Dieu avait établi. Or l'Éternel ne soumet pas son élection à une consultation populaire : il dit « l'homme que je choisirai ».
Cette vérité, que Dieu choisit souverainement selon son bon plaisir, dérange l'orgueil humain, mais elle est aussi la source de notre paix. Si le salut dépendait de notre décision, il serait aussi fragile que nous. Parce qu'il repose sur le choix de Dieu, il est assuré.
2. La vie vient de Dieu seul, jamais du bois
"Le lendemain, lorsque Moïse entra dans la tente du témoignage, voici, la verge d'Aaron, pour la maison de Lévi, avait fleuri, elle avait poussé des boutons, produit des fleurs, et mûri des amandes." (Nombres 17:8)
Une verge est un morceau de bois sec, sans racine ni sève. Qu'elle fleurisse en une nuit, et en même temps boutons, fleurs et fruits mûrs, ne peut être attribué ni au mérite d'Aaron ni à la qualité du bois. Le miracle désigne Dieu seul.
Ainsi en est-il de la nouvelle naissance : ce que vous étiez, spirituellement mort, ne pouvait produire aucun fruit. Si aujourd'hui votre vie porte quelque fruit pour Dieu, c'est que lui seul a fait germer ce qui était mort (Éphésiens 2:4,5). Ne cherchez pas en vous la cause de ce fruit, rendez-en la gloire à celui qui l'a donné.
3. La patience de Dieu cherche à nous épargner la mort
"L'Éternel dit à Moïse : Reporte la verge d'Aaron devant le témoignage, pour être conservée comme un signe pour les enfants de rébellion, afin que tu fasses cesser de devant moi leurs murmures et qu'ils ne meurent point." (Nombres 17:10)
Dieu aurait pu juger encore. Il choisit de laisser un signe, afin que les rebelles cessent de murmurer et qu'ils ne meurent point. Derrière la sévérité du Dieu saint se tient une miséricorde qui avertit avant de frapper.
Cette verge conservée parle à chaque génération : Dieu ne se plaît pas à la mort du pécheur, il multiplie les signes pour le ramener à lui. Ne prenez pas sa patience pour de l'indifférence, mais pour un appel à vous repentir.
4. La crainte du peuple révèle le besoin d'un médiateur
"Les enfants d'Israël dirent à Moïse: Voici, nous expirons, nous périssons, nous périssons tous ! Quiconque s'approche du tabernacle de l'Éternel, meurt. Nous faudra-t-il tous expirer ?" (Nombres 17:12,13)
Le peuple a compris que le pécheur ne peut s'approcher seul d'un Dieu saint. Sa question reste sans réponse dans ce chapitre, mais l'Évangile y répond. Le sacerdoce d'Aaron, authentifié par un bâton fleuri, annonçait un meilleur prêtre, Jésus-Christ, dont le sacerdoce est confirmé non par un bois qui fleurit, mais par une résurrection.
Par lui, nous avons désormais accès auprès du Père (Hébreux 4:16). La peur d'Israël trouve son apaisement dans la croix, où le grand prêtre s'est lui-même offert.
Conclusion
Le bâton mort qui reverdit annonce Celui qui, mort, est sorti vivant du tombeau, et qui nous a choisis avant la fondation du monde. Nous n'approchons pas de Dieu par nos mérites, mais par un médiateur que lui-même a désigné. À Dieu seul soit la gloire pour son choix, sa patience et sa vie donnée.
Question(s) pour la réflexion
Qu'est-ce que, dans votre vie, vous cherchez encore à faire fleurir par vos propres forces, alors que Dieu seul peut y mettre la vie ?
De quelle manière la certitude d'être choisi et gardé par Dieu change-t-elle votre façon de vous approcher de lui aujourd'hui ?




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