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OUVRIR SA MAISON POUR CHRIST


maison pour Christ

Le guide de L’Eglise de maison !

" L’émergence des églises de maison en France et dans le monde "





S O M M A I R E 


Chapitre 1

Pourquoi les églises de maisons reviennent en force ?


Chapitre 2

Avantages et inconvénients d’une église de maisons ?


Chapitre 3

La maturité spirituelle pour ouvrir sa maison !


Chapitre 4

Quelques conseils pratiques !


Chapitre 5

Comment se faire connaitre et évangéliser ?


Chapitre 6

Témoignage de notre vécu en Eglise de maison.





 I N T R O D U C T I O N 



Depuis une dizaine d’années, la France assiste à l’éclosion croissante des églises de maison. Comme un retour aux racines ancestrales de la famille des disciples de Jésus, cette forme de communion fraternelle, de culte et de partage n’a jamais été aussi vivante, tant en France que dans le monde entier.


Pendant des siècles, la tendance dominante a consisté à rassembler les chrétiens dans de grandes structures édifiées de murs, organisées autour d’une hiérarchie claire et de traditions bien établies, sous une forme souvent pyramidale. Pourtant, une érosion progressive de ce modèle a fini par fracturer ces édifices religieux. Quelles en sont les causes profondes ? Nous y reviendrons tout au long de cet ouvrage, mais les principales tiennent à la rigidité du système, au manque d’échanges authentiques et de partage vrai, aux divisions doctrinales, aux dérives dans l’interprétation de la Parole de Dieu, à l’expression libérée, parfois excessive, sur les réseaux sociaux, et enfin à l’isolement brutal révélé par la crise du Covid-19.


De nombreuses questions ont commencé à surgir dans le cœur des croyants :

  • Comment s’y retrouver entre les charismatiques extravagants, les catholiques humanistes et les réformés dépourvus d’une réelle vie dans l’Esprit ?

  • Comment faire émerger ce que l’on désire profondément recevoir et transmettre dans un cadre hyper-strict, dirigé par des responsables qui occupent toute la place et dans lequel on peine à trouver la sienne ?

  • Pourquoi tant de divisions entre assemblées, et ce sentiment que l’on ne cherche plus vraiment à s’assembler ? D’où vient cette peur de perdre ses brebis au point de vouloir les enfermer sous cloche ?


Il y aurait encore tant de questions à poser… Mais la principale reste celle-ci : « Où trouver et connaître Jésus dans une relation à la fois intime et partagée, sans être soumis à un système pyramidal purement humain ? Où découvrir une véritable prospérité dans une collégialité fraternelle ? »


En clair, nous assistons aujourd’hui à une désertification progressive des assemblées « grand format » (si je puis m’exprimer ainsi), qui favorise l’émergence de petits groupes animés par un désir ardent de plonger dans les profondeurs de Christ et de sa Parole, dans l’Esprit qui donne la vie, sans se soumettre à une hiérarchie humaine. La soif du participatif, de la proximité, de l’étude partagée, de la méditation et de la prière intime – loin des rites qui séparent les uns des autres – devient essentielle. Au plus profond de notre âme, nous sentons que ce mouvement ne vient pas de nous, mais de Jésus lui-même, qui veut offrir à chacune de ses brebis sa place légitime et la nourriture solide dont son troupeau a besoin. Le désir est de former un seul corps, et non de subir la fracture entre les « élites » de l’estrade et les brebis dans l’enclos. C’est une image, certes, mais aussi un ressenti partagé par beaucoup.


La question n’est évidemment pas de quitter son église locale ou son assemblée, mais de vivre une croissance et une maturité spirituelles où chacun puisse s’exprimer, trouver sa place, recevoir et transmettre. Car, comme le veut Christ, l’Église n’est pas limitée à une assemblée locale : elle dépasse les murs, les systèmes pyramidaux et les contrôles trop souvent présentés comme incontournables. Si vous êtes dans une assemblée où le message et votre implication correspondent à la volonté de Dieu, remettez-vous devant le Seigneur et restez-y, en accord avec le Saint-Esprit. Mais peut-être le Seigneur vous conduira-t-il vers une autre branche de son Église – qui n’est pas uniquement l’église locale structurée et publique – vers une maison où la communion et le partage prennent une tout autre dimension.


Avec mon épouse, nous avons d’abord été conduits dans de grandes assemblées pour y être formés dans l’Esprit, puis affermis dans la doctrine et la discipline. Par la suite, notre horizon spirituel s’est considérablement élargi : rencontres avec des frères et sœurs d’autres communautés, échanges sur les réseaux sociaux, prédications et enseignements disponibles sur Internet. Il y a dix ans, le Seigneur nous a permis de créer un site, deux pages Facebook et une chaîne YouTube pour diffuser l’Évangile et les enseignements de grands serviteurs de Dieu. Puis, en 2020, au cœur du confinement sanitaire et sous la direction sainte de Christ, nous avons ouvert notre maison pour accueillir, prier, prêcher et étudier ensemble. Cette nouvelle forme de partage a été abondamment bénie : nous avons découvert la richesse des échanges participatifs en petit comité et la puissance du Saint-Esprit dans une dimension jusque-là inconnue.


Notre communion fraternelle s’est depuis largement développée au-delà des limites d’une seule assemblée. Aujourd’hui, elle se vit selon plusieurs branches :


– Nous fréquentons occasionnellement une petite église locale à Dunkerque.

– Nous alimentons régulièrement notre site et notre chaîne YouTube « ILTAIME ».

– Nous animons nos profils Facebook avec la Parole de Dieu (« ILTAIME » et « CHRÉTIEN AU QUOTIDIEN »).

– Nous célébrons un culte à la maison le dimanche en couple (pour le moment, car nous venons de déménager dans une autre ville). Auparavant, à Lille, nous étions entre six et dix personnes en église de maison.

– Une fois par mois, nous nous réunissons pour un culte suivi d’une agape avec des frères et sœurs.


Nous avons la profonde conviction que l’Église de Christ s’étend bien au-delà des murs institutionnels. Si Jésus a détruit les murs élevés par les pharisiens religieux, c’est précisément pour nous faire connaître une dimension sans frontière de son Église. Nous sommes le temple du Saint-Esprit : rien ne pourra donc plus jamais nous enfermer dans une institution ou une communauté fermée. La communion fraternelle n’a pas de limite, frères et sœurs.


Pour certains, l’église de maison est clairement la volonté de Dieu – c’est le cas dans les pays où les chrétiens sont persécutés et se réunissent en groupes secrets ou souterrains. Mais ne nous y trompons pas : en France aujourd’hui, Dieu ouvre également les portes des maisons pour faire vivre son Église glorieuse dans une relation très efficace pour la croissance spirituelle.


Fort de notre expérience, nous souhaitons vous inviter, au fil de ces pages, à découvrir qui est en mesure d’ouvrir sa maison, comment le faire et avec quels moyens. Ce livre est aussi un éclairage pour celles et ceux qui hésitent encore à rejoindre une église de maison. Nous nous appuyons exclusivement sur la Parole de Dieu concernant ce sujet qui suscite tant d’oppositions de la part des systèmes ecclésiaux dits « reconnus » par les dénominations religieuses « officielles » aux yeux de l’État. Or, ce qui importe véritablement, c’est d’être reconnu par Jésus lui-même, n’est-ce pas ? Notre seul désir est de laisser Jésus nous confirmer que l’église de maison, lorsqu’elle est selon sa volonté, est pleinement reconnue par Lui. N’est-ce pas là l’essentiel ?


Je terminerai en évoquant les milliers de témoignages de frères et sœurs qui aspirent à vivre cette forme d’Église et ne demandent qu’à la fonder ou à la rejoindre. Prenons pour preuve sa puissance extraordinaire et prions pour les centaines de milliers d’églises de maison qui existent à travers le monde, malgré la persécution. Que cela réponde à ceux qui, dans leur confort, la rejettent aujourd’hui, mais qui seraient si heureux d’en bénéficier si une dictature venait à les pourchasser !


Remercions Dieu de nous permettre de participer au beau mouvement des églises de maison.





CHAPITRE 1

Pourquoi les églises de maisons reviennent en force ?



Les églises de maison connaissent effectivement un essor remarquable ces dernières années. En 2025, cette tendance se confirme à l’échelle mondiale et de nombreux chrétiens quittent progressivement les structures plus institutionnelles. Voici une explication équilibrée, appuyée dans la Parole biblique.


Pourquoi ce retour en force ?


Ce mouvement n’a rien de nouveau, il reflète fidèlement le modèle du Nouveau Testament (Actes 2:46 ; 5:42 ; Romains 16:5). Aujourd’hui, il explose pour plusieurs raisons concrètes :


  • La recherche d’authenticité et de relations profondes.

    Beaucoup aspirent à une foi plus intime, participative et familiale, loin des cultes impersonnels ou spectaculaires. Les petits groupes favorisent une communion véritable où chacun peut partager, prier et contribuer (1 Corinthiens 14:26), à l’image d’une vraie famille spirituelle.


  • Les effets durables de la pandémie.

    La Covid-19 a contraint nombre de croyants à se réunir en petits groupes à la maison, beaucoup ensuite, n’ont pas souhaité revenir aux grands rassemblements. Par ailleurs, dans un monde occidental en voie de déchristianisation accélérée, ce modèle plus souple et moins intimidant répond à un besoin de contacts humains authentiques, par opposition à l’excès de virtuel.


  • La croissance explosive dans les pays persécuteurs.

    En Corée du Nord, en Chine, en Afrique, en Asie et en Amérique latine, les églises de maison se multiplient rapidement. Elles sont discrètes (Secrètes), sans contraintes logistiques lourdes, dans la discrétion que cela exige. Elles permettent une évangélisation relationnelle et une multiplication organique, exactement comme dans le livre des Actes.


  • La simplicité biblique à faible coût.

    Pas de bâtiment à financer ni à entretenir, pas de programmes complexes et les ressources sont directement orientées vers l’évangélisation et l’aide mutuelle. Cela attire ceux qui désirent un christianisme authentique, centré sur Christ plutôt que sur l’institution.


  • Un réveil spirituel chez les jeunes.

    Malgré la sécularisation ambiante, une génération cherche le sens de la vie face aux incertitudes du monde. Les églises de maison offrent une expérience personnelle et communautaire plus attractive que les structures rigides. Elles offrent un accompagnement proche et salutaire.


Nous assistons ainsi à un retour aux racines apostoliques, une foi vécue au quotidien dans une dimension missionnaire. Le petit groupe favorise des échanges riches, une proximité réelle et une expression des dons que les assemblées traditionnelles peinent souvent à proposer.


Pourquoi tant de départs des structures pyramidales et non collégiales ?


Les églises dites « pyramidales » avec un pasteur à sa tête, une hiérarchie marquée et peu de participation des brebis, contrastent fortement avec le modèle collégial et pluriel du Nouveau Testament (multiples anciens : Actes 14:23 ; Tite 1:5). 


Voici les principales raisons qui poussent certains à quitter ces structures :


  • Le manque frustrant de participation et de relations.

    Dans les grandes assemblées, beaucoup se sentent réduits au rôle de spectateurs (C’est une illustration), sans véritable espace pour s’exprimer (ou exercer leurs dons pour les plus anciens) (1 Pierre 4:10). On distingue souvent les « maîtres » (pasteurs et anciens) des « élèves » (brebis à l’écoute). Cela peut être légitime dans une phase de formation ou de maturation, il y a un temps pour tout, mais cela ne doit pas devenir un fonctionnement figé et perpétuel. Beaucoup partent parce qu’ils stagnent, parce qu’ils « chauffent une chaise ». Certains s’en accommodent, mais pour d’autres, animés par le feu divin, cela ne suffit plus. Il faut le reconnaître, les églises de maison ont aussi leurs limites. L’erreur serait de se centrer exclusivement sur une seule forme d’assemblée, quelle que soit sa taille. L’Église avec un grand « E », dépasse largement l’assemblée locale, elle possède de nombreuses ramifications (le foyer, le travail, les réseaux sociaux, les inter-actions entre frères et sœurs d’autres communautés, etc.). Cela étant dit, le format convivial de l’église de maison offre des ouvertures que les grandes structures ne permettent pas, compte tenu de leur dimension.


  • Déception face à l’institutionnalisation.

    Dans la majorité des cas, la hiérarchie contrôle et dirige tout, de plus, les budgets absorbés par les bâtiments et les salaires laissent peu de place aux plus démunis. S’ajoutent parfois des scandales comportementaux ou une priorité accordée à la technique et aux manifestations au détriment de la Parole de Dieu. Trop souvent, l’institution et son fonctionnement deviennent la finalité et un lourd fardeau.


  • L’absence de collégialité biblique.

    Le Nouveau Testament nous invite à une mission partagée, non à un modèle distant avec un « super-pasteur » et un cercle restreint d’anciens. Sans généraliser, ce déséquilibre peut mener à des abus, creuser des divisions et pousser des membres à partir. La manière de diriger une assemblée est fondamentale, beaucoup de pasteurs n’y sont pas suffisamment formés. Comment évoluer lorsqu’on se sent étouffé par des leaders qui verrouillent tout dans un protocole strict ?


  • La frustration relationnelle.

    Dans une grande assemblée, il est difficile de tisser des liens profonds avec tous les frères et sœurs, des clans se forment naturellement selon les sensibilités. Or, le désir de relations authentiques dépasse les frontières d’une seule communauté. L’Église n’est pas une communauté fermée et si elle reste prisonnière d’un fonctionnement pyramidal et exclusif (Esprit de clocher bien protégé), la frustration surgit tôt ou tard. L’église de maison, bien gérée, permet à chacun de participer sans être étouffé, tout en restant ouverte. Elle n’est qu’une branche de l’arbre immense qu’est l’Église avec un grand « E ». En supprimant les contraintes économiques liées aux grandes structures, on se sent plus libre et épanoui.


  • Le désir d’une foi plus profonde et radicale.

    Certains quittent les assemblées traditionnelles parce qu’ils les trouvent trop « confortables et légères » ou déconnectées d’une véritable profondeur spirituelle avec des messages trop légers, une louange-spectacle, ou à l’inverse une doctrine aride sans vie de l’Esprit, parfois légaliste. Cela ne signifie pas que toutes les assemblées structurées sont mauvaises loin de là ! Beaucoup sont saines et offrent un bon enseignement qui favorisent une vraie croissance. Mais dans certains cas, les départs reflètent un appel divin à plus de simplicité et de fidélité biblique. N’idéalisons surtout pas l’église de maison, elle est une branche validée par Dieu, mais elle ne doit jamais être exclusive. Elle a, comme toute autre forme, ses limites. Elle doit répondre à un appel clair de l’Esprit, tant pour ceux qui ouvrent leur maison que pour ceux qui désirent les rejoindre.


Pourquoi réaliser ce petit guide sur les églises de maison ?


Avec mon épouse, nous avons souhaité transformer notre expérience en un guide simple, pratique et encourageant à l’intention des croyants qui désirent ouvrir leur maison ou rejoindre une église de maison. Un outil non seulement utile, mais potentiellement très fructueux pour l’édification du Royaume de Dieu. C’est en tout cas le désir profond de notre cœur devant l’Éternel.


Pourquoi en faire un guide pour les autres ?


Nombreux sont les frères et sœurs qui sentent au fond d’eux le désir d’ouvrir leur maison, mais qui ne savent pas par où commencer. La peur est légitime, peur de mal faire, peur du jugement (« Qui suis-je pour cela ? Que va-t-on penser ? Ne vais-je pas m’auto-proclamer ? »). Je peux vous assurer que nous nous sommes posé exactement les mêmes questions. Pourquoi ? D’une part, nous avions été formatés pendant des décennies à une forme d’église pyramidale avec une hiérarchie perçue comme incontournable et d’autre part, nous nous interrogions sincèrement sur notre capacité à nous engager. C’est un véritable saut dans l’inconnu, avec une retenue d’un côté et l’envie irrésistible de l’autre de nous engager. La chair murmure : « Attention, tu vas échouer », tandis que le Saint-Esprit pousse à agir par la foi et à s’en remettre entièrement à Dieu.Viennent ensuite les exigences concrètes avec la disponibilité chaque dimanche, la discipline dans la prière et l’étude de la Parole, la constance et la fidélité qui imposent de mettre de côté bien des désirs personnels. Jésus attend une réponse claire « que ton oui soit oui, et que ton non soit non » (Jacques 5:12). Quand c’est la volonté de Dieu, rien ne peut vous en empêcher. Il met en nous le vouloir et le faire !


Avec une expérience de plus de trente années en Christ, mon épouse et moi avons connu des assemblées charismatiques comme des communautés centrées sur la doctrine de la grâce. Sans être diplômés, nous avons animé pendant plus de dix ans des groupes de prière, puis ouvert notre maison au culte et à l’étude de la Parole depuis maintenant six ans. À cela s’ajoute notre travail missionnaire sur Internet depuis dix ans. Ces expériences nous invitent à transmettre et à partager les fondements de cette belle évolution spirituelle. Nous pensons, en toute sincérité, pouvoir aider et encourager le développement des églises de maison. Mettre par écrit ce parcours sous une forme simple et reproductible, c’est ouvrir un chemin à ceux qui, comme nous, ont reçu cette conviction profonde de Dieu. Soyons toutefois clairs, il faut avoir reçu une révélation ou une conviction confirmée. Ce ministère n’est pas pour tout le monde. Il requiert d’abord que ce soit la volonté de Dieu, ensuite une hygiène de vie spirituelle conséquente, une connaissance théorique et pratique de la Parole de Dieu et des fruits visibles qui l’attestent. Nous détaillerons tout cela dans les chapitres suivants. Ce guide n’est qu’un outil, un éclairage. Nous ne pouvions garder pour nous la richesse d’un tel engagement, qui participe si puissamment à l’édification du Corps de Christ et de son Église. Voilà pourquoi nous vous l’offrons de tout notre cœur.





CHAPITRE 2

Avantages et inconvénients d’une église de maison



Passons aux avantages et aux inconvénients d’une église de maison. Dressons ce constat sur un type de rassemblement chrétien, parmi d’autres, qui se réunit dans un lieu privé, forcément en petit groupe. Disons-le de suite : pour les détracteurs, ce modèle est parfaitement biblique (voir Actes 2:46 ; Romains 16:5 ; Colossiens 4:15 ; Philémon 1:2), rappelant les premiers chrétiens. Il gagne en popularité aujourd’hui, pour les raisons invoquées dans le premier chapitre, mais comme tout modèle ecclésial, il a des avantages et des inconvénients. Voici un aperçu équilibré, basé sur des réflexions bibliques et des observations pratiques.


1. Les avantages


Une intimité et des relations profondes

Dans un petit groupe (souvent 6 à 20 personnes au maximum), on développe des liens fraternels authentiques, beaucoup plus chaleureux et moins protocolaires. Cela favorise un échange qui n’exclut cette fois personne et permet que chacun puisse participer. C’est le contraire d’un fonctionnement pyramidal, impersonnel, où l’on est soit acteur, soit spectateur (c’est une image). Rien de tout cela en église de maison : l’unité s’impose et s’exprime en prières mutuelles, en partages bibliques, en exhortations et encouragements directs ; c’est le contexte des « les uns les autres » (pas moins de 45 fois dans le Nouveau Testament, comme Hébreux 10:24-25). C’est le format d’une participation active de tous où chacun peut participer, contribuer (chanter, prier, témoigner, intercéder, 1 Corinthiens 14:26). Cela reflète le sacerdoce universel des croyants (1 Pierre 2:9) et permet une édification mutuelle plus dynamique. Le couple qui ouvre sa maison coordonne le partage avec discernement. J’aimerais cependant, de suite, faire la comparaison avec un groupe de prière de semaine rattaché à une grande assemblée. C’est une objection que nous recevons souvent, et elle est pleine de bon sens. Il y a, sur la forme, quelques similitudes dans le contenu, mais sur le fond, cela n’a rien à voir. Un groupe de prière rattaché à une assemblée reste soumis à la hiérarchie de l’assemblée et se doit très souvent de respecter un programme de suivi (en semaine) de ce qui a été partagé le dimanche (prédication). Rien n’est comparable, puisque dans ce cas, ce n’est qu’une branche du tronc principal (sous l'autorité du pasteur et des anciens), alors que l’église de maison, que ce soit le dimanche ou la semaine, reste le tronc principal avec une participation libre et collégiale entre chaque membre.


Simplicité, faible coût et multiplication

Fini le bâtiment à entretenir avec le planning et l’équipe de nettoyage, fini le salaire du pasteur, finies les préoccupations des finances et les programmes coûteux qui poussent à devoir mettre la main à la poche. Enfin, les ressources (offrandes recueillies simplement) vont directement à l’évangélisation, aux missions ou aux besoins des membres (aide aux pauvres, etc.). Côté développement, si le groupe devient trop nombreux, une nouvelle maison peut ouvrir à proximité. C’est idéal pour implanter rapidement de nouvelles communautés. Et s’il n’y a pas un nouveau couple pour cette extension au départ, il faut cumuler les deux groupes avec des temps de rencontres alternés, le temps, par la foi, de mettre en place un nouveau couple. Mais avant de parler de cela, il faut déjà commencer par la première maison.


Une évangélisation de convivialité

Avec le format de maison, l’accent sur l’invitation conviviale est très développé sur le plan de l’évangélisation. Inviter des voisins ou amis non croyants dans une maison pour un goûter, un café gourmand, un partage thématique, est moins intimidant qu’un grand bâtiment public qui affiche une religiosité suscitant la méfiance. Aller prendre un pot, déguster un bon gâteau ne se refuse pas et ouvre des portes. Cela reflète une foi vécue au quotidien par les membres du groupe, et rappelons que c’est très efficace dans des contextes de persécutions ou dans des cultures non chrétiennes. Il est indispensable de réaliser vos invitations et vos thèmes de rencontres et de programmer votre distribution ciblée.


La flexibilité et la proximité biblique

Dans une église de maison en petit groupe, il y a un retour à un modèle convivial, de proximité, avec des repas partagés (comme la Cène en repas complet), de la louange spontanée, de l’enseignement interactif, de l’accompagnement rapproché. Cela favorise une croissance spirituelle sur des bases solides et une multiplication rapide. Vous pouvez mettre en place des duos de croissance biblique et un soutien individuel selon les besoins.


2. Les inconvénients


Les limites de croissance et d’espace du groupe

Une maison ne peut accueillir beaucoup de monde, ce qui peut freiner l’expansion ou rendre difficile l’intégration de nouveaux. Si le groupe grandit, il faut créer un autre groupe dans une autre maison, et cela demande de l’organisation, des compétences et surtout un couple en capacité de gérer et d’animer. Je tiens à vous rassurer sur ce point et, pour l’avoir vécu, il faut savoir que nous sommes très souvent bien loin, malheureusement, de la multiplication (une seconde maison). La France n’est pas très fertile en termes de nouvelles naissances spirituelles, malheureusement. Alors soyons déjà, par la grâce, dans le contentement et, pour le reste, remettons notre confiance en Dieu.


Le manque de visibilité et d’infrastructures

La sphère privée n’est pas visible sur la voie publique et dans le quartier (pas d’enseigne). Il va de soi que l’on n’entre pas chez les gens comme on entre dans une église qui a pignon sur rue. Il n’y aura pas de visites sauvages et spontanées, de fait, puisque rien n’indique que nous existons. Qu’à cela ne tienne : à petite structure, mission différente, et ce qui pourrait être un inconvénient devient un avantage avec une approche conviviale et nos invitations (il faut vous focaliser beaucoup sur les invitations, je le répète). Certes, cela demande de l’engagement, mais la forme est très efficace. L’autre point à relever est le fait de ne pas proposer de ministères à grande échelle (aide sociale, accueil des sans-abri, programmes pour enfants structurés). Sur ce point, le rapprochement avec d’autres groupes semble une piste à retenir. La création ou l’intégration associative est aussi un bon chemin. C’est ce que nous avons réalisé personnellement.


Les risques d’un relationnel rapproché

Gérer un petit groupe n’est pas chose simple, tout autant qu’un grand nombre. L’intimité et un faible nombre peuvent amplifier les conflits, les blessures ou les dominations par des personnalités fortes. Sans structure claire, il y a un risque de divisions, voire de contrôle abusif. Il y a une règle d’or : ne surtout pas insister ou imposer, laissez les membres libres. Ils viennent, ils sont constants ou pas, ou peu ; qu’à cela ne tienne, ne cherchez pas à diriger et restez toujours sur une ligne qui offre, qui donne sans chercher à recevoir, ou alors vous allez commencer à ruminer et à critiquer. Certains vont vous décevoir, au contraire d’autres seront toujours là, mais ce n’est pas là le sujet. Le principal est que Jésus soit Lui toujours présent en paroles, en actes et en Esprit pour vous conduire. C’est pourquoi le couple responsable doit avoir, nous le verrons, une discipline de fer pour ne pas sombrer dans le découragement et cultiver la foi et la force de Christ. L’humain est compliqué, d’autant que si l’on y ajoute le spirituel, il faut être encore plus préparé. Mais là encore, si vous êtes portés par Jésus, vous recevrez sa force et son amour. Depuis 6 ans, jamais nous n’avons été découragés et nous sommes de plus en plus convaincus que nous sommes sur le bon chemin. Il y a des difficultés, des oppositions, des déceptions et alors ? Gloire à Dieu, elles nous font avancer ! C’est notre mission…


Le déficit de connaissance doctrinale.

Nous abordons ici un sujet essentiel qui doit être pris très au sérieux. Peut-on imaginer être dans l’erreur en termes d’enseignement ? Non, cela va de soi, et si nous avons tous des déficits en termes de connaissance, il nous faut des garde-fous à mettre en place pour respecter la Parole de Dieu (nous ne sommes pas seuls et nous ne savons pas tout). L’enseignement peut manquer de profondeur, de connaissance parfois ou dévier (risque d’hérésies). Il faut accepter d’être corrigés ! On peut y ajouter l’absence d’anciens (justement pour corriger ou apporter des réponses), c’est un point à soulever et à résoudre. Avec mon épouse, voilà comment nous nous y prenons :


  • Tous deux, depuis des décennies, nous avons reçu un enseignement au travers de prédications dans les assemblées respectives, les ateliers et séminaires thématiques.  

  • Depuis plus de 15 ans, nous nous sommes enrichis d’enseignements et de prédications sur la toile numérique avec de grands enseignants théologiens.  

  • Nous avons parcouru la lecture de dizaines de livres sur la Parole de Dieu, la doctrine de la grâce, la théologie systématique et bien d’autres thèmes sur la vie chrétienne selon Jésus.  

  • Régulièrement, nous avons des échanges avec des pasteurs, des anciens sur des sujets à développer ou des réponses à recevoir (la correction est de mise).

  • Laetitia a suivi 3 années d’études bibliques par correspondance pour parfaire sa connaissance et agir auprès des femmes chrétiennes et dans notre groupe.

  • Nous travaillons depuis des années sur l’étude biblique concernant des points de doctrine que nous développons sur les supports numériques depuis 10 ans.

  • Nous avons une profession de foi très claire, enracinée dans la Parole de Dieu et partagée par des milliers de frères et sœurs partout dans le monde.  

  • Nous avons créé notre groupe de croissance (en couple) et partageons chaque jour la prière et l’étude de la Bible pour laisser le Saint-Esprit nous conduire et nous révéler ses mystères.


Il va de soi que cela ne représente pas un programme que chacun doit suivre : c’est notre parcours, juste un exemple. Et si vous n’avez pas notre âge ni notre vécu, il n’en reste pas moins que Jésus peut vous missionner avec des garde-fous puissants que vous cultiverez et développerez au fil de votre propre parcours. Ce qu’il faut retenir, c’est :


- le fait de ne pas être seul et d’avoir des anciens avec qui vous correspondez ;

- l’importance fondamentale d’avoir une base biblique bien structurée qui porte du fruit (mise en pratique) et que cela soit reconnu par Jésus ;

- cultiver une discipline quotidienne, individuelle et en commun.


Il ne faut pas de diplôme, mais la connaissance de Christ dans une relation qui ne cesse de croître, avec une profession de foi bien établie et basée sur les Écritures.


Une forme moins adaptée pour certains besoins ou publics

C’est peut-être ce qui est le plus délicat : l’absence de programmes spécialisés pour les jeunes, la gestion des petits enfants, le risque de frustration lié à un petit nombre en termes de relations. Cela demande plus d’engagement personnel et d’organisation. Dans des contextes urbains denses ou réglementés, des problèmes logistiques (bruit, parking) peuvent aussi surgir. Il faut bien penser à l’évolution de l’église de maison avec ses différents publics et proposer des solutions avec les participants. Il faut penser aux ados ou jeunes chrétiens qui souhaitent connaître d’autres jeunes. Nous ne pouvons satisfaire chacun en interne et des solutions externes existent.


En résumé

Les églises de maison excellent pour une communion profonde, une participation active et une évangélisation relationnelle, mais elles ne conviennent pas à tous les contextes. Il est indispensable d’en connaître les limites et d’apporter des réponses aux inconvénients réels. Ainsi, l’église devient visible par votre comportement et votre engagement solidaire (Jean 13:35 : « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples… »). Beaucoup d’églises de maison en croissance rapide (comme en Asie ou en Amérique latine) fonctionnent exactement comme cela : invisibles institutionnellement, mais très connues localement par leur impact.





CHAPITRE 3

La maturité spirituelle pour ouvrir sa maison !



Faut-il une formation biblique et des compétences précises pour être responsable d’une église de maison, quand on n’est pas un pasteur diplômé, sans que cela passe pour une auto-proclamation et présente des dérives qui seraient dramatiques ? Quelle réponse apporter aux églises traditionnelles, qui exigent une formation et une reconnaissance de ses pairs ? Voici une réponse claire, biblique et équilibrée à cette question. Je m’appuierai uniquement sur ce que la Bible enseigne (principalement 1 Timothée 3:1-7 et Tite 1:5-9), sans y ajouter de jugement personnel. L’objectif est d’être fidèle à l’Écriture, tout en reconnaissant les risques réels pour éviter toute dérive.


1. Les compétences et la formation requises pour un responsable d’église de maison.


La Bible parle-t-elle d’un diplôme théologique obligatoire ou d’une ordination formelle par une institution humaine pour exercer un ministère de surveillance ou de berger dans une assemblée locale, même petite comme une église de maison ? Examinons ce que les Écritures précisent à ce sujet. Pour cela, prenons les qualifications données par Paul à Timothée et à Tite, qui portent essentiellement sur le caractère moral et spirituel, la maturité prouvée (les fruits en Esprit) et quelques aptitudes pratiques. En voici les principales, résumées et regroupées.


  • Être irréprochable, au-dessus de tout reproche.  

Avec une vie intègre, sans scandale connu, qui inspire le respect (1 Tm 3:2,7 ; Tt 1:6-7).

  • Être fidèle dans son mariage.  

Mari d’une seule femme (ou célibataire fidèle), modèle de pureté (1 Tm 3:2 ; Tt 1:6).

  • Être maître de lui-même  

Sobre, modéré, sensé, non adonné au vin, non violent, pacifique, non avide d’argent (1 Tm 3:2-3 ; Tt 1:7-8).

  • Être hospitalier et aimant le bien  

Ouvert aux autres, généreux, juste, pieux (1 Tm 3:2 ; Tt 1:8).

  • Être un bon gestionnaire de sa famille.  

Il dirige bien sa maison, avec des enfants (s’il en a) recevant les valeurs christiques (s’il en a), car si quelqu’un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l’Église de Dieu ? (1 Tm 3:4-5 ; Tt 1:6).

  • Être apte à enseigner  

Il est capable d’exhorter par la saine doctrine et de réfuter les contradicteurs (1 Tm 3:2 ; Tt 1:9). Cela ne signifie pas un doctorat en théologie, mais une bonne connaissance de la Parole, acquise par l’étude personnelle, la vie dans l’Église et l’expérience depuis des années.

  • Être mature dans la foi  

Il ne peut être un nouveau et jeune converti (de peur qu’il ne s’enorgueillisse). C’est un ancien qui a reçu le don de partager en synergie avec la Parole de Dieu en Esprit. C’est l’expression d’une bonne réputation même auprès des non-croyants (1 Tm 3:6-7). C’est aussi la place de chacun dans l’ordre divin, la place de l’homme et de la femme selon la Parole de Dieu.


Nous pouvons en déduire que ces qualités sont principalement relationnelles et comportementales, prouvées par la vie quotidienne avec les fruits qu’elles transmettent. La Bible met l’accent sur l’exemple personnel plutôt que sur une formation académique formelle. Dans le Nouveau Testament, beaucoup d’anciens étaient des hommes ordinaires (artisans, etc.), formés par la vie dans l’assemblée et l’enseignement des apôtres. Cela dit, une étude approfondie de la Bible est encouragée pour tous les responsables (2 Tm 2:15 : « Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un ouvrier approuvé… qui dispense droitement la parole de la vérité »). Une formation informelle (lecture, mentorat, partage avec d’autres croyants matures) est précieuse et nécessaire pour bien enseigner et protéger le troupeau des erreurs. Il faut être un passionné de la parole de Dieu, avoir l’amour de la parole de Dieu, c’est indispensable.


2. Les dérives dramatiques possibles sans vigilance


La Bible elle-même met en garde contre les risques quand les responsables ne correspondent pas à des critères précis.


L’autoritarisme et les abus, un responsable arrogant, colérique, impatient ou dominateur peut manipuler, contrôler les vies personnelles ou financières (Tt 1:7 ; 1 Pi 5:3).


Les faux enseignements, les faux prophètes qui ne sont pas attachemés fermement à la saine doctrine, feront de graves erreurs qui vont se répandre, divisant ou trompant le groupe (Tt 1:9-11 ; 2 Tm 4:3-4).


Les scandales moraux avec une vie non irréprochable discrédite l’Évangile et blesse profondément les membres (1 Tm 3:7). Dans ce cas c’est même la rupture définitive.


L’isolement et l’instabilité sans maturité ou lien avec d’autres assemblées, fait qu'un petit groupe peut dériver vers des idées extrêmes ou sectaires. Il faut une vision et un accompagnement extérieur saint.


Frères et soeurs, ces dérives peuvent être dramatiques car elles touchent des vies spirituelles et émotionnelles. C’est pourquoi Paul insiste sur les qualités qui protègent l’Église, qui est « la maison de Dieu » (1 Tm 3:15).


3. La réponse aux églises traditionnelles qui exigent une formation avec un diplôme et une reconnaissance officielle.


Nous devons répondre avec respect et humilité, en nous appuyant sur la Bible, sans critique mais avec une complémentarité qui n’est que la volonté de Dieu.


La Bible nous révèle des critères clairs et précis (1 Tm 3 et Tt 1), centrés sur le caractère et la maturité prouvée, sans mentionner de diplôme ou d’ordination par une hiérarchie humaine. Dans le Nouveau Testament, les anciens étaient nommés localement, souvent par des apôtres ou leurs délégués (Ac 14:23 ; Tt 1:5), sur la base de ces qualités visibles dans la vie de l’assemblée. Une formation théologique formelle est une bénédiction (elle aide à mieux enseigner et à éviter les erreurs), mais elle n’est pas une condition biblique absolue. Beaucoup de responsables du Nouveau Testament n’avaient pas de « séminaire », leur formation venait de la vie avec Christ et les apôtres. Les dénominations qui exigent des diplômes le font souvent pour assurer une doctrine solide et une protection contre les dérives. En soi, cela est sage dans un contexte plus large (grande assemblée publique). C’est aussi une position face à l’état. Mais pour une petite assemblée locale, la Bible priorise la fidélité au caractère décrit par Paul qui est aussi une position face à Jésus. En petit groupe l'accent est focalisé sur la proximité, l’intercession et le partage. Et si une question reste sans réponse, il y a la possibilité de remettre la réponse un peu plus tard après avoir consulté un ancien d’une autre église de maison avec qui nous entretenons d’excellentes relations. Enfin, l’unité du corps de Christ est importante, on reconnaît les autres églises comme légitimes, tout en expliquant que notre modèle cherche à suivre simplement le Nouveau Testament, les commandements de Christ avec une pluralité d’anciens matures et une ouverture aux conseils d’autres croyants.


En résumé, le responsable doit être un homme mûr, exemplaire et attaché à la Parole, prouvé par sa vie en termes de fruit de l’Esprit. Cela évite les dérives graves. Une formation approfondie est hautement recommandée, mais le cœur de la Bible est le caractère transformé par Christ.


4. Il est de bon ton de présenter votre profil et votre expérience appuyés sur les recommandations de Paul à Timothée. Votre vie au sein de l’église traditionnelle depuis X années qui confirme votre maturité spirituelle.


Il est non seulement utile, mais souvent sage et même nécessaire de présenter brièvement votre profil et votre expérience au groupe, en vous appuyant sur les critères bibliques de 1 Timothée 3 et Tite 1. Voici pourquoi et comment le faire de manière humble et transparente.


Pourquoi c’est essentiel (ou très recommandé) ?


1 - Pour rassurer les personnes invitées.  

Dans un contexte où beaucoup ont peur des dérives sectaires et des leaders autoproclamés, une présentation simple et honnête de votre maturité spirituelle et de votre expérience et vécu de longue date, désamorce immédiatement la méfiance. Les gens veulent savoir à qui ils confient leur temps et éventuellement leur cœur.


2 - Pour honorer le modèle biblique.  

Paul demande que l’ancien soit irréprochable, ait une bonne réputation, une bonne conduite même auprès des gens du dehors (1 Tm 3:7), et ne soit pas un nouveau converti. Mentionner sobrement une vie chrétienne depuis de nombreuses années au sein d’églises locales montre précisément que vous n’êtes ni novices ni isolés.


3 - Pour protéger le groupe lui-même  

Une transparence initiale évite les malentendus plus tard. Si quelqu’un découvre plus tard que vous animez sans expérience, il pourrait se sentir trompé. Mieux vaut poser les choses dès le début, avec humilité. Cela évite de lourds désagréments.


4 - Pour glorifier Dieu, pas soi-même.  

Quand cela est présenté comme une grâce reçue et une vie transformée par Christ au fil des ans, cela pointe vers Lui et non vers une auto-promotion.


Comment le faire sans que cela passe pour de l’auto-proclamation ?


Il vous faut toujours parler collectif « nous », rester factuel, court, et orienté vers le service des autres, pas vers vos mérites.


Voici quelques exemples concrets que vous pourriez intégrer naturellement :


1. Si vous émettez une lettre d’invitation écrite, sur la carte ou le flyer, ajoutez simplement 1-2 phrases après la présentation du groupe :  

« Nous sommes des chrétiens ordinaires qui marchons avec le Seigneur depuis plus de X ans au sein d’églises locales évangéliques. Nous cherchons simplement à vivre et à partager notre foi dans la simplicité, comme la Bible nous y encourage (1 Timothée 3). »


Ou, plus personnel et chaleureux :  

« Nous sommes de simples croyants, qui depuis plus de X ans, ont cheminé dans différentes églises locales, avec nos joies et nos épreuves. Nous désirons aujourd’hui ouvrir notre maison pour partager ce que le Seigneur nous a enseigné. »


2. Oralement, quand vous remettez l’invitation, vous pouvez exprimer une phrase toute simple et naturelle :  

« On se connaît un peu, et vous savez peut-être que l’on est chrétiens depuis longtemps. Ça fait plus de X ans que nous pratiquons la Foi et aujourd’hui nous ouvrons notre maison pour partager la Bible ensemble sur des sujets de société, sans complication. Si ça vous dit de venir voir une fois, vous êtes les bienvenus ! »


3. Sur un petit encart joint ou au dos de la carte, pourquoi pas un encadré discret.

Du type :

« Qui sommes-nous ? Des chrétiens engagés depuis plus de X ans au sein du christianisme. Mariés, parents/grand-parents, comme tout un chacun, nous devons traverser la vie avec ses joies et ses peines. La foi est la réponse qui offre une vie nouvelle, nous souhaitons le partager ! »


4. Lors de la première rencontre (si quelqu’un vient), au début de la soirée, vous pouvez passer à une présentation collective de 2 minutes.  

« Avant de commencer, juste deux mots sur nous pour que vous sachiez à qui vous avez affaire. Nous sommes plusieurs ici à connaître le Seigneur depuis plus de X ans au sein de l’églises chrétienne. Nous avons nos faiblesses comme tout le monde, mais la foi en Jésus-Christ nous a fait la grâce de nous garder et de nous enseigner. Cette maison est ouverte simplement pour partager cela avec d’autres, sans aucune prétention. »


Ce qu’il faut absolument éviter !


  • Les superlatifs : « très mûrs », « profondément spirituels », « experts »…  

  • Les comparaisons : « contrairement à certains groupes »…  

  • Les titres auto-attribués : « ancien », « pasteur de maison » sans que le groupe ne l’ait reconnu collectivement.


Pour résumer, il est bon de présenter votre expérience et votre engagement de X ans, c’est biblique, sage et rassurant. Faites-le brièvement, collectivement, factuellement et avec gratitude envers Dieu. Cela ne sera pas perçu comme de l’auto-proclamation, mais comme une transparence honnête et respectueuse.





CHAPITRE 4

Quelques conseils pratiques



Ce livre n’est pas un manuel théologique, ni une nouvelle méthode à généraliser, il représente une présentation de repères et de fondamentaux afin d’ouvrir sa maison pour l’édification du corps de Christ.  Nous abordons le modèle biblique des églises de maison des premières communautés qui se réunissaient dans des maisons (Actes 2:46 ; 5:42 ; 20:20 ; Romains 16:5 ; Colossiens 4:15…).  Ce modèle reste, et surtout redevient, pertinent et précieux aujourd’hui avec sa simplicité, sa proximité et sa fraternité. Pas de bâtiment, pas de hiérarchie complexe, juste Christ au centre.


La question, est : « Est-ce pour moi ? » Il faut du discernement et un appel divin. Il faut une conviction intérieure, une révélation qui se ressent dans le couple. Les critères, la connaissance, la mise en pratique, les fruits bibliques pour ceux qui accueillent et veillent (1 Timothée 3:1-7 et Tite 1:5-9).


Quelles sont les questions à se poser en couple (ou seul) ?


Pour les premières étapes concrètes, les cœurs et la maison doivent être préparés d’une part et, d’autre part, il faut commencer petit (même à 3 ou 4). Il est essentiel de fixer un rythme réaliste (toutes les semaines ? Tous les 15 jours ?) et de s’y tenir. La constance est indispensable pour la pérennité. Il y a également un sujet qui doit être partagé : « Comment inviter sans faire peur ». Il est fondamental de penser à des invitations personnelles et chaleureuses (voir le modèle que l’on a présenté). Qui inviter ? des voisins, des collègues en toute discrétion sans que cela pénalise le climat au travail, des connaissances et les personnes rencontrées lorsque l’Esprit nous guide. Il faut se préparer à répondre aux objections courantes : « Je ne suis pas croyant », « J’ai peur que ce soit une démarche sectaire ». Un travail d’approche est impérativement nécessaire. Une invitation à prendre un goûter, à une dégustation, à un pot, incite beaucoup à ne pas refuser, même si l’on prévient qu’il y aura un message qui fera beaucoup de bien à l’invité.


Pour la communion fraternelle, que ce soit le dimanche pour le culte ou la semaine, cela doit toujours rester très simple et vivant. Cela s’articule de la façon suivante :

  • Accueil, café, boisson fraiche.  

  • Temps de partage de vie avant et après (toujours s’intéresser, être attentionné…).  

  • Temps de partage spirituel, prière, louange, lecture et discussion biblique (thèmes qui touchent les difficultés d’aujourd’hui avec les réponses bibliques).

  • Prière ensemble (intercessions et participation).  

  • Fin informelle.


Pour le couple responsable, il y a des pièges à éviter et des garde-fous. Attention à l’autoritarisme, l’isolement, la pression, mais aussi à l’importance de la pluralité (pas un seul leader, tout est partagé). Il est essentiel, pour un bon équilibre et un écho à notre fonctionnement, de rester en lien avec d’autres croyants et assemblées. Partager avec d’autres responsables est indispensable pour ne pas s’auto-proclamer et être sans correction lorsque cela l’exige. Enfin, il faut impérativement être transparent et cultiver l’humilité. Les regards et les oreilles nous observent et nous écoutent.


Un autre point est à prévoir lorsque l’église se développe en nombre et que la maison devient trop petite ? Dans ce cas, ouvrir une seconde maison et, s’il n’y a pas de responsables pour la tenir spirituellement, pas de souci, il faut être prêt à assumer le développement avec une animation à des jours différents. Une autre solution est de créer deux groupes, cette fois, dans la même maison à des jours différents et, une fois par mois, se rassembler dans une salle louée avec une agape en commun. Il faut également savoir qu’Il y aura à l’inverse des frères et sœurs qui ne seront pas réguliers, c’est le lot de tout groupe, il y a les permanents et les occasionnels. Enfin, pour ceux qui découvrent, il faut prévoir un cheminement, un accompagnement personnalisé bien préparé et riche en contenu.


Venons-en au réseau fraternel, les églises de maisons ouvertes ont besoin de liens entre elles afin d’optimiser des rencontres occasionnelles, des échanges de thèmes, des prières les uns pour les autres. Cela permet aussi d’étendre nos relations et de d’échanger. La décentralisation occasionnelle est très fertile. Il faut se rencontrer, s’exhorter, bouger, s’encourager, créer du lien.


Pour conclure sur ce chapitre, il faut bien prendre conscience qu’il y a un temps de préparation pour les partages et le programme de l’église. Cela demande beaucoup de régularité dans la prière individuelle et en couple, une grande discipline, de la ponctualité et du travail d’étude biblique. Il est capital de se laisser conduire par l’Esprit. Il y aura forcément dans le groupe des différences d’engagements, certains seront bouillants, d’autres pas encore nés de nouveau, il est indispensable d’établir des contenus qui en tiennent compte. Se faire accompagner et conseiller sur ce sujet est une priorité si vous en êtes à votre première expérience.


Pourquoi le Seigneur appelle certains à ouvrir leurs maisons ?


Jésus nous encourage à ouvrir notre maison en toute simplicité, parce que la Bible montre que les premières assemblées chrétiennes se réunissaient justement comme cela : dans des maisons, en petits groupes, pour partager la Parole, prier, encourager et vivre la foi ensemble (Actes 2:46 ; 5:42 ; 20:20 ; Romains 16:5 ; Colossiens 4:15). Ce modèle n’a jamais été abrogé, il reste valide et se développe de nos jours de plus en plus. Pourquoi ?


Nous vivons dans un monde de plus en plus isolé, stressé et désorienté, une petite communauté chaleureuse, authentique et sans fard répond à un vrai besoin. Les gens cherchent des relations vraies, de nouveaux repères, un lieu où ils peuvent parler sans être jugés, et découvrir Dieu à leur rythme en toute simplicité sans protocole religieux triste ou extravagant. Et ce besoin est vrai  pour celles et ceux qui sont dans certaines assemblées et pour les païens en recherche de réponse sans passer par un protocole religieux institutionnel.


Ce modèle d’église se développe parce que, pour certains, ils ont ce qu’il faut, une foi vécue depuis plus de X ans, une vie intègre, une expérience dans des églises locales, et surtout un désir d’ouvrir leur maison pour servir leurs prochains. C’est exactement le profil que Paul décrit pour ceux qui veillent sur une assemblée, même petite. Ils ne partent pas de zéro et ils sauront commencer modestement, avec humilité, transparence et sans pression. C’est la meilleure façon d’éviter les dérives et de laisser Dieu agir. Pour cela, pas besoin d’être un pasteur diplômé, d’avoir une grande salle ou un programme sophistiqué. Juste le désir d’être fidèles, accueillants et attachés à la Parole. Le Saint-Esprit fera le reste.


Même si les débuts sont lents, même si peu viennent au départ, chaque personne touchée, chaque vie encouragée, chaque moment passé ensemble autour de la Bible aura une valeur éternelle. Alors oui : allez-y, avec paix et confiance. Ouvrez votre maison, priez, invitez, partagez simplement ce que Dieu a fait dans votre vie. Il est fidèle, et Il bénira cette obéissance toute simple.


Je prie pour que le Seigneur vous donne force, joie et fruit dans cette belle aventure





CHAPITRE 5

Comment se faire connaitre et évangéliser ?



Les églises de maison ne sont pas visibles, elles ne sont pas directement ouvertes au public. Cependant, elles pratiquent une évangélisation relationnelle efficace. Voici quelques outils et stratégies pratiques.  


La priorité est mise sur l'évangélisation personnelle et le contacts directs. Chaque membre peut inviter des voisins, collègues, amis dans un cadre privé et chaleureux autour d’un café ou d’un repas. Le but est de recevoir et servir (aide pratique, repas, écoute) pour bâtir une relation (Matthieu 5:16 ; Jean 13:35). Vous pouvez organiser des repas ouverts, barbecues ou goûters à la maison. Créez des outils numériques simples et efficaces en communication comme : 


  • Un groupe WhatsApp ou Télégram pour inviter, partager, témoignages.  

  • Une page Facebook locale ou Instagram : Postez des photos d'activités, témoignages courts, versets encourageants. Utilisez des stories pour annoncer des rencontres.  

  • Un site simple (via WordPress gratuit ou Google Sites) avec adresse, horaires et "Qui sommes-nous ?".  

  • Un service YouTube ou Zoom pour diffuser des messages courts, thématiques. Toutefois il est impératif de mettre l'accent sur le présentiel.  


Vous pouvez selon vos possibilités, créer comme nous l’avons vu, des actions visibles dans le quartier. Pourquoi ne pas commencer avec un premier service qui serait le plus adapté à votre environnement et ne nécessiterait pas de gros moyens et beaucoup de personnes. De la livraison de nourriture, du nettoyage solidaire, de l'aide aux familles, la prière pour les voisins (permanence SOS prière, une fois par semaine). Collaborez avec d'autres assemblées pour des événements plus grands. Pour tout cela, il est essentiel d’en parler dans le groupe afin de les sensibiliser à l’évangélisation, sachant bien entendu que pour beaucoup ils n’en n’ont pas le don mais qu’ils peuvent au moins témoigner de leur foi par les fruits qu’ils portent et juste proposer une invitation.  


Pour se faire connaître et évangéliser il y a également d’autres pistes.  


Les partages bibliques sur des thématiques précises peuvent être à votre menu d’activité !  


Dans le contexte d'une église de maison, il y a les partages bibliques (ou études bibliques en petit groupe). Ces partages sont au cœur des membres de l’église de maison (cultes et réunions de prière) mais ils doivent aussi être ouverts à celles et ceux que l’on invite à partager, à d’autres jours et heures de la semaine. La parole de Dieu répond à toutes les questions et la foi déplace les montagnes, de fait, dans notre monde hyper anxiogène, inviter à recevoir des réponses qui changent une vie d’épreuves en une espérance éternelle est incitatif. Les temps sont très difficiles et beaucoup se posent des questions sur l’avenir, voici quelques thèmes à développer avec des réponses bibliques :  


1. Quel est le chemin qui évite de sombrer dans le climat pessimiste actuel ?  

   (Épreuves brutales, perte d’emploi, maladie, deuil – Jn 16:33, Ps 34:19, 2 Co 4:8- 9)  


2. Face à l’angoisse des temps présents, quelle est la porte de sortie ?  

   (Anxiété, insomnies, ruminations – Ph 4:6-7, Mt 6:25-34, Ps 55:23)  


3. Comment préparer et équiper nos enfants face aux épreuves de ce monde ?  

   (Avenir incertain, écrans, pressions sociales, valeurs changeantes – Dt 6:6-7, Pr 22:6, Ps 127:3-5)  


4. Qui peut subvenir à tous mes besoins et pourquoi ?  

   (Problèmes d’argent, dettes, peur du lendemain – Mt 6:33, Ph 4:19, Mal 3:10)  


5. Face à l’incertitude à qui confier ton avenir ?  

   (Incertitude globale, climat, guerre, IA, instabilité – Jr 29:11, És 41:10, Mt 6:34)  


6. Burn-out, lassitude, perte de sens, comment retrouver la force de continuer ?  

   (Épuisement professionnel et émotionnel – És 40:28-31, Mt 11:28-30, Ga 6:9)  


7. Ne reste pas seul avec tes galères, demande de l’aide, ça change tout !  

   (Isolement, fausse honte, besoin de communauté – Ga 6:2, Ec 4:9-12, Jc 5:16)  


8. Dans un monde qui juge tout, tout le temps, comment vivre libre sans la pression des autres ?  

   (Réseaux sociaux, cancel culture, regard des autres – Ga 1:10, Pr 29:25, Jn 12:43)


9. On peut douter de Dieu dans la tempête mais si l’on me prouvait qu’il existe ?  

   (Doutes, colère contre Dieu, foi qui vacille – Mc 9:24, Ps 13, Hab 3:17-19)  


10. 2025-2030 Flipper ou espérer ? Ce que la Bible dit sur les temps troublés  

    (Actualité anxiogène, sentiment de fin des temps – Mt 24:6-14, 2 Tm 3:1-5, Jn 16:33 + espérance de Christ)  


Voici 7 titres encore plus costauds, pour toucher les cœurs les plus sceptiques.  


11. Dieu existe-t-Il vraiment quand tout va mal ? (J’ai failli lâcher)  

12. Mon compte est vide, mon cœur aussi : y a-t-il encore un plan pour moi ?  

13. On est en 2025 et j’ai peur pour mes enfants, tu peux m’expliquer où est Dieu là-dedans ?  

14. Comment transformer mes épreuves en force plutôt qu’en défaite ?  

15. La société change à toute vitesse, comment conserver la tête hors de l’eau ?  

16. Et si ma vie avait une valeur qui ne meurt jamais, comment en être certain ?  

17. Comment évacuer mes craintes et mes peurs sur l’avenir ?  


Un conseil pour la mise en œuvre de ces rencontres, ajoutez souvent une petite phrase en sous-titre : « Rencontre simple autour d’un repas, partage, Bible, prière, tout le monde est bienvenu »  

Puis utilisez ces titres sur WhatsApp, flyers, réseaux sociaux (surtout Facebook local et Instagram stories) commencez la rencontre par 15-20 min de partage libre sur le thème (« Qui a déjà vécu ça ? ») avant d’ouvrir la Bible. Prévoyez toujours une question très concrète à la fin : « Pour quoi aimerais-tu qu’on prie pour toi ce soir ? » Il est essentiel de transmettre à ces personnes la réalité, que Dieu parle concrètement de leurs problèmes et qu’Il offre toutes les solutions pour en sortir. Il faut casser le tabou d’un mur infranchissable entre Dieu et l’homme et bien expliquer que Jésus dans son humanité est venu pour offrir le chemin et la vérité afin de nous libérer par grâce du mal qui nous enchaîne. Il faut être des acteurs de la réconciliation et tendre la main à celles et ceux qui souffrent. Jésus s’est volontairement mis au niveau de l’homme pour qu’il y ait cette relation intime et étroite dans le seul but de nous offrir une nouvelle vie. C’est pourquoi ces titres sont volontairement percutants et parlent le langage des préoccupations réelles des gens en 2025-2026. Ils ouvrent naturellement la porte à un partage biblique honnête et profond (textes comme Psaume 23, Matthieu 6:25-34, Philippiens 4:6-7, Esaïe 41:10, etc.) tout en montrant que la Parole de Dieu parle concrètement à la vie d’aujourd’hui.  


Comment animer ces rencontres ?  


En introduction après avoir échangé les politesses d’accueil, invitez à rejoindre la pièce dédiée au partage. Une table est recommandée pour celles et ceux qui désirent prendre des notes (proposez des feuilles et des stylos si nécessaire), des verres et une boisson sont à disposition. Ensuite il faut passer à l’introduction en revenant sur le thème qui nous réunit avec un court exposé sur les conséquences qui l’ont inspiré. On peut commencer par la présentation des personnes présentes et un court témoignage de ce qui les a amenés à participer. Vient ensuite le développement du thème (15 minutes) suivi d’un nouveau partage, puis le temps de la solution en Christ, appuyé sur la parole de Dieu, est venu. S’en suit un partage libre et enfin pour clôturer, vous pouvez passer à la prière. Durée idéale : 1h30 maxi, pour ne pas fatiguer (accueil, étude, prière, convivialité). Cela se passe évidemment dans une maison privée avec un salon confortable puis des chaises pour se voir face à face. Cela crée une atmosphère familiale et non intimidante (idéal pour inviter des non-croyants). En termes de rotation, on peut aussi changer de maison chaque fois, pour impliquer tout le monde et éviter l'usure d'un hôte. Il y a aussi des alternatives occasionnelles comme un parc, une salle de café, ou salle paroissiale si besoin, mais privilégier le domicile pour l’intimité est un atout.  


Côté convivialité, privilégiez un accueil chaleureux, café/thé, gâteaux, musique douce en fond. Dans certaines circonstances, un repas ou dessert partagé, cela favorise les liens comme la cène informelle. Côté ambiance, laissez des Bibles ouvertes au centre (mise à disposition), pourquoi pas des bougies, des fleurs. Insister sur l'écoute mutuelle, sans jugement.  


Précisez qu’il n’y a pas d'obligation de parler, mais encouragez chacun y compris les enfants si présents. Pour le jour et heure, le milieu de semaine (mardi, mercredi ou jeudi après-midi ou soirs) pour ne pas concurrencer le culte du dimanche. Évitez la fatigue du lundi ou du vendredi soir.  

Concernant les heures, 15 h 30, 19 h 30 ou 20 h. Si familles avec enfants : plus tôt 18 h 30.  


En résumé, vous avez ici un panel de sujets pour inviter à partager la Parole de Dieu selon l’actualité et sous une forme conviviale et adaptée.  


Voici un exemple de lettre que vous pouvez remettre.  


Invitation personnelle  :


Cher voisin, chère voisine, cher ami,  


Dans un monde où tout semble incertain, économie fragile, valeurs qui vacillent, anxiété quotidienne, beaucoup d’entre nous se posent les mêmes questions :  « Comment garder l’espérance dans ce monde en déclin ? Comment bien agir envers les autres et envers soi-même ? Comment trouver des repères solides quand la société semble en perdre ? »  


Nous sommes un petit groupe de personnes qui nous retrouvons simplement chez l’un d’entre nous, une fois par semaine, pour partager nos expériences et nos épreuves afin de chercher ensemble des réponses concrètes à ces questions. Nous ne sommes pas une nouvelle organisation ou un mouvement à part, nous sommes de simples chrétiens qui vivent leur foi depuis plus de X ans au sein d’églises locales, et qui souhaitons aujourd’hui vivre cela dans la simplicité et la proximité en transmettant les réponses que la Bible nous révèle sur des sujets de société.  


Cela se passe dans une convivialité sans discours compliqué, sans protocole religieux, sans pression, juste un temps d’écoute, de réflexion, de soutien et d’encouragement mutuel. Venez comme vous êtes, pour ces partages sans aucun engagement.  


Nos prochaines rencontres : [date et heure]  

Chez : [prénom et adresse approximative, ex. « chez Marie et Paul, rue des Lilas »]  

Contactez-nous pour confirmer : [numéro de téléphone ou e-mail]  


Quel plaisir de vous rencontrer et d’échanger ensemble lors de ces échanges.  


Bien cordialement,  

[Vos prénoms, ex. Marie, Paul et les amis du groupe]  


Petite question : peut-on être sceptique quant à l’intérêt et l’accueil d’une telle démarche ?  


Cette objection est tout à fait légitime et très courante, beaucoup de gens aujourd’hui sont effectivement méfiants, fatigués par les sollicitations religieuses, ou simplement fermés à tout ce qui touche à la foi. On ne peut pas le nier, mais en même temps, l’expérience montre que ce genre d’invitation personnelle touche souvent plus qu’on ne le croit, précisément parce qu’elle ne ressemble pas aux approches classiques (tracts dans la boîte aux lettres, prosélytisme et accroche de rue, etc.). 


Pourquoi cette pratique est différente ?  


. La remis en main propre, avec un sourire et deux mots gentils, touche particulièrement. Le contact humain direct change tout, les gens sentent quand c’est sincère et sans arrière-pensée. Une petite carte donnée après un “Bonjour, comment ça va ?” passe beaucoup mieux qu’un papier anonyme par une personne que l’on ne connait pas.  


. Lorsque un texte parle d’abord des préoccupations réelles (incertitude, anxiété, perte de repères) de nos interlocuteurs et pas de religion, il y a un retour certain. En se focalisant sur leurs questions et leurs difficultés quotidiennes, beaucoup se disent : “Tiens, quelqu’un comprend ce que je vis.” Ça ouvre une petite porte.  


. Cette approche désamorce les peurs dès le départ, en disant clairement : “pas de pression”, “sans engagement”, “venez comme vous êtes”, et en mentionnant l’expérience de X ans dans des églises normales, on enlève les principales craintes (“secte”, “nouveau mouvement bizarre”, “ils vont me retenir”).  


. Même si seulement 1 ou 2 personnes viennent sur 10 ou 15 invitations, c’est déjà une victoire.  

Une église de maison commence souvent très petit. Jésus lui-même a commencé avec 12 personnes. L’important n’est pas le nombre immédiat, mais la fidélité à semer avec bienveillance.  


. Pas d’apriori, les gens les plus “fermés” sont souvent, ceux qui ont le plus soif à l’intérieur. J’ai vu des personnes très sceptiques au départ accepter l’invitation “juste pour voir”, puis revenir, touchées par la simplicité et l’authenticité du groupe.  


Quelques conseils pratiques qui nourrissent et rassurent.  


Commencez par distribuer d’abord à des personnes que vous connaissez déjà un minimum (voisins avec qui vous discutez parfois, parents d’école, collègues sympas). C’est plus chaleureux et ça porte plus de fruits au début. Précisez que s’ils souhaitent assister avec d’autres, il n’y a pas de problèmes. Soyez transparents, si quelqu’un pose des questions, répondez franchement et simplement. Pour cela il vous faut prier en couple, avec les membres déjà actifs afin que Dieu touche les cœurs qu’il a déjà préparés, on ne convertit personne nous-mêmes, on sème seulement. Il est sage d’être prudent, l’amour et la simplicité désarment souvent la méfiance mieux que n’importe quel argument. Beaucoup de groupes de maison aujourd’hui ont commencé exactement comme cela avec des invitations sans savoir qui sera touché. Et miracle, des vies ont été transformées. Il est bon que chaque membre de l’église participe sans pour autant forcer la main, cela va de soi.  


Ce type d’approche est-elle plus efficace que de distribuer des Bibles et des bonnes semences (Calendriers) ?  


Oui, cette approche personnelle et relationnelle (remettre une petite invitation en main propre avec un contact direct) est généralement beaucoup plus efficace que de distribuer des Bibles, des calendriers ou des tracts comme « La Bonne Semence » de manière anonyme ou impersonnelle.  


Voici pourquoi, de façon claire et concrète.  


Cela commence par une relation, pas par un objet distribué. Quand tu donnes un calendrier ou une Bible à quelqu’un que tu ne connais pas vraiment, la personne reçoit avant tout un objet religieux et pense que cela ne la concerne pas. Beaucoup le rangent poliment ou le jettent, parce qu’ils se sentent sollicités et obligés. Avec ton invitation, tu ouvres une relation humaine, tu déploies un sourire et tu échanges avec une écoute active. Les gens sont beaucoup plus ouverts à une personne qu’à une distribution d’objet.  Elle répond à un besoin ressenti avant de proposer une solution. Un calendrier ou un tract parle souvent directement de Dieu, du salut, du péché, ce sont des vérités importantes, mais elles arrivent trop tôt, pour quelqu’un qui n’a pas encore exprimé son besoin. Dans ton invitation, ton texte commence par les questions que les gens se posent déjà comme l’anxiété, le manque de repères, comment bien vivre dans un monde où les difficultés s’accumulent ? Cela appelle à tendre la main et de fait, la personne pense : « Ah, ils parlent de ma vie à moi. » Cela crée une connexion immédiate.  


Cette approche désamorce la méfiance dès le départ. Nombreux sont ceux qui associent les distributions de tracts ou de calendriers à des mouvements prosélytes, parfois perçus comme intrusifs ou sectaires, même si ce n’est absolument pas le cas pour La Bonne Semence. Par contre, ton invitation personnelle, elle, insiste sur la simplicité, l’absence de pression, l’expérience de X ans dans des églises normales. Cela rassure profondément. L’invitation propose une expérience vécue, pas une lecture solitaire, elle parle de toi en premier lieu et te propose d’en parler. Une Bible ou un calendrier, c’est bien, mais beaucoup de gens ne les ouvriront jamais seuls, soit par manque de temps, soit parce qu’ils ne savent pas par où commencer, soit par peur de ne pas comprendre. Tu invites à venir voir, à découvrir et vivre quelque chose ensemble, c’est un partage, une discussion, une chaleur humaine. C’est beaucoup plus attractif, surtout pour ceux qui sont isolés ou en recherche.  


Enfin, les statistiques et l’expérience le confirment, la grande majorité des personnes qui viennent à la foi aujourd’hui le font par une relation personnelle lors d’une invitation, c’est un ami, un voisin, un collègue que l’on invite à quelque chose de simple et d’authentique. Les distributions massives de littérature ont un taux de retour très faible (souvent moins de 1 %). Une invitation personnelle, même modeste, a un impact bien plus grand, surtout si elle est répétée avec patience. L’invitation permet de parler, de s’intéresser et d’échanger, pas la distribution sauvage. Elle produit beaucoup moins d’échecs et bien plus de résultats en termes de sensibilisation. Car rappelons-le, nous ne sommes pas dans un challenge, il est question de vie ou de mort.  


Pour résumer, distribuer des calendriers ou des Bibles n’est pas mauvais en soi et cela fait partie de la semence aussi. Dieu peut utiliser n’importe quel moyen, mais l’approche actuelle, l’invitation, la forme relationnelle est bien plus efficace aujourd’hui parce qu’elle respecte profondément la personne. Elle part de son vécu, elle construit une relation, et elle propose une expérience concrète plutôt qu’un objet de distribution qu’elle juge impersonnelle (Et pourtant).  


C’est exactement comme le faisait Jésus, il n’a pas distribué des rouleaux de la Torah dans les rues, il a invité des gens à le suivre, à manger avec lui, à voir par eux-mêmes.  


Même si les résultats semblent lents au début, cette façon d’agir porte souvent des fruits durables et profonds. Et ça honore vraiment les personnes. Soyons encouragés frères et sœurs !





CHAPITRE 6

Témoignage de notre vécu en Eglise de maison.



Pour conclure, nous aimerions vous témoigner de notre expérience d’ouverture de maison depuis maintenant 6 ans. Cela a commencé en 2019, nous avons reçu de la part du Seigneur dans notre cœur, le désir d’ouvrir notre maison après avoir passé 20 années dans des assemblées pentecôtistes, suivies de 2 années dans une assemblée évangélique qui nous a conduit vers la doctrine de la grâce et un changement de domicile. Nous avons alors compris que la providence de Dieu nous amenait à franchir le pas. D’un commun accord, qui est je le rappelle indispensable dans le couple, l’heure était venue de nous atteler à mener une nouvelle mission que nous n’avions de notre propre chef jamais imaginée (ce qui nous confirma que c’était bien la volonté de Dieu). Et cela ne s’est pas fait avec des calculs et un plan très précis, mais en nous laissant porter par le Seigneur dans la joie et par la foi. Il serait trop long de vous détailler notre parcours depuis ces 6 années et nous préférons vous faire la synthèse de ce que nous vivons.  


. Des cultes le dimanche en petit comité « participatif », ce qui a pour conséquences d’éviter toute frustration et permet que chacun puisse s’exprimer. Nous avons aussi fait le choix de toujours faire le pont entre la Parole de Dieu dans son contexte historique et spirituel et le monde d’aujourd’hui. Le participatif permet surtout de ne pas laisser endormis les dons qui forment le corps de Christ.


. 9 fois par an, nous nous réunissons pour un culte suivi d’une agape (nous passons la journée ensemble) en invitant de nouvelles personnes ou des frères et sœurs qui ne sont pas réguliers pour un partage autour de la Parole et d’un bon repas. Pour ce faire, c’est un couple d’anciens ou pastoral qui apporte le message et anime le groupe. (C’est l’un ou l’autre). 


. Durant 5 ans, nous avons animé un groupe de prière entre présence physique et à distance sur internet avec parfois pas moins de 12 à 15 personnes. Toujours sur le même format d’échanges et de partages participatifs. Prières et méditations bibliques sur un suivi d’épîtres de Paul par exemple. Nous nous sommes fait connaître par cooptation et sur le net.  


. Nous avons créé un groupe Signal afin de pouvoir communiquer entre nous. Et nous avons depuis des années (10 ans) une activité très soutenue sur les réseaux sociaux avec le site, la chaîne YouTube et nos Facebook [www.iltaime.com](http://www.iltaime.com) et Chrétien au quotidien (récent depuis 2025).  


. En termes de relation d’aide, nous sommes toujours disponibles et nous proposons également de créer des groupes de « croissance spirituelle » pour celles et ceux qui le souhaitent.  


Et maintenant à l’heure ou j’écris ces lignes ….  


Notre déménagement fin 2023 sur la côte (Bray-Dunes, dernier village à la frontière franco/belge) n’a pas freiné notre désir de poursuivre l’église de maison (qui était depuis 5 ans en banlieue lilloise) et nous avons durant une année et demie poursuivi en visio notre groupe de prière en semaine. Puis dans le même temps, nous nous sommes aussi occupés d’orienter les membres de l’église (Lille) que nous quittions (pour aller nous installer sur la côte) vers d’autres assemblées et cela s’est très bien passé. Aujourd’hui, sur la côte nous avons pris un peu de recul durant une bonne année (nous allons de temps à autres dans une petite église locale) et nous avons entrepris de renouveler l’église de maison cette fois ici, dans un environnement où il nous faut reconstruire un relationnel.  


Nous repartons à deux, en couple, pour la Gloire de Dieu et nous nous laissons conduire par Christ. Toutefois, nous n’avons jamais interrompu, durant tout ce temps, les 9 cultes en commun (suivis d’une agape) et de nouvelles personnes y participent. Pour 2026 un programme d’invitations va être mis en place afin de faire grandir les rangs toujours dans la dimension (espace de notre maison) qui le supporte. Nous prions le Seigneur afin qu’il place sur notre chemin les âmes inscrites sur son livre de vie. Nous avons conservé de bonnes relations avec nos frères et sœurs de Lille et sommes heureux de les sentir entre de bonnes mains. Nous allons privilégier les invitations sur des thèmes qui sont d’actualité comme vu un peu plus haut et resserrer des relations qui se développent assez vite puisque nous vivons dans un village avec des contacts beaucoup plus chaleureux que dans les grandes villes. Nous avons déjà tissé beaucoup de contacts et allons aussi nous impliquer dans la vie associative. L’ensemble de ces relations sera un vivier croissant d’échanges et je puis dire qu’il y a une inquiétude quant au futur qui demande des réponses. Puissions-nous être fidèles en Christ pour apporter la bonne nouvelle dans ce petit périmètre de vie. Notre mission sur le net est aussi de plus en plus développée. 


Voilà mes amis, c’est la fin de ce petit guide qui, nous l’espérons, apportera un éclairage complémentaire à celles et ceux qui ont reçu l’engagement d’ouvrir leur maison. Mais c’est également pour celles et ceux qui hésitent à rejoindre une église de maison, une vision précise de ce qu’ils doivent vivre en communauté, en évitant toute dérive charnelle. Si cette forme de communauté est la seule réponse dans les pays persécutés à outrance, alors soyez assurés que c’est une racine divine plus que solide et voulue de Dieu. En Occident, alors que l’on veut nous imposer une idéologie qui déconstruit le christianisme, cet ancrage fraternel devient une marque divine qui répond à ce qui demain pourrait être la menace de voir le christianisme de surface en grand danger et disparaître. La véritable église n’a pas de structure humaine, pyramidale, ni matérielle, elle est l’œuvre rédemptrice de Jésus qui d’une Pierre extérieure en a fait un temple intérieur. La puissance de Jésus a établi son église qu’aucun barreau de prison, qu’aucune dénomination religieuse, qu’aucun bâtiment de pierre ne peut empêcher d’émerger. La première église c’est ta maison ne l’oublie jamais !  


Soyez abondamment bénis !


Daniel Gilman




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