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GENESE 16

 

 

Verset 1 à 2

Saraï voudrait résoudre le problème de son mari et le sien. Abram veut une descendance 

et Saraï voudrait des enfants. Tous les deux souffrent de cette stérilité.

Saraï dit à Abram que c’est Dieu qui l’a rendue stérile et dans l’hébreu original, il est écrit : « YHWH m’a empéché d’enfanter » ou « m’a frappé de stérilité ». Elle sait que sans Dieu, nul ne peut donner la vie ! Alors Saraï va user de ruse, en quelque sorte. « Puisque Dieu ne veut pas me donner d’enfant, et bien, je vais agir autrement ! » A-t-elle de l’amertume envers Dieu ? Rien n’est dit sur ce sujet, mais nous voyons que Saraï va donc défier la nature en se servant de quelqu’un d’autre.

 

Saraï aurait pu demander à son mari de prier Dieu pour qu’elle puisse être bénie par les voies naturelles, elle aurait pu elle-même crier à Dieu sa douleur comme Anne l’a fait 1 Sam 1:11-12Et, l’amertume dans l’âme, elle pria l’Eternel et versa des pleurs. Elle fit un vœu, en disant : Eternel des armées ! si tu daignes regarder l’affliction de ta servante, si tu te souviens de moi et n’oublies point ta servante, et si tu donnes à ta servante un enfant mâle, je le consacrerai à l’Eternel pour tous les jours de sa vie, et le rasoir ne passera point sur sa tête. Mais au lieu de cela, elle va mettre en place un plan qui se retournera finalement contre elle plus tard.

 

Dans des situations humainement sans issues, comment réagissons-nous ? Tournons-nous nos regards vers Dieu pour lui implorer son secours ou agissons-nous par nos propres moyens pour tenter de résoudre le problème ?

 

Saraï ne voit pas que l’intérêt de son mari, elle cherche surtout à satisfaire le sien « peut-etre que j’aurai des enfants à partir d’elle ». Comme toutes femmes, Saraï désire materner et fonder une famille et l’on peut comprendre sa souffrance face à cette situation. 

Alors Abram va écouter ce que sa femme lui propose. Après tout, il veut une descendance et Dieu ne lui a t-il pas dit qu’il en aurait une ? Peut-être est-ce par ce moyen qu’il obtiendra ce qu’il désire ? Cette coutume n’est pas surprenante à l’époque, puisque nous voyons que plus tard Rachel et Léa agiront de la même manière avec leur servante. La descendance est une priorité et ne pas en avoir met un terme définitif sur une lignée généalogique. Dieu lui a dit qu’il aurait un héritier qui naitrait de lui, mais il ne lui a pas précisé qu’il naitrait de son union avec Saraï, alors le plan de Saraï est peut-être le plan que Dieu a déposé dans son coeur afin de le bénir comme il lui a promis.

Abram va écouter sa femme sans même se remettre devant Dieu pour lui demander confirmation de cette décision. 

 

N’avons-nous pas, nous aussi, le réflexe par moment d’agir sans consulter Dieu, simplement parce que nous nous appuyons sur des raisonnements purement humain ? La stérilité de Saraï érige une barrière infranchissable pour la bénédiction naturelle. Dieu a promis mais cela ne peut être par le biais du miracle ? Combien de fois ne sommes nous pas confrontés à ce genre de dilemme ? Nous cherchons des solutions pour Dieu en ne voulant pas croire au simple miracle ! En agissant de la sorte, Abram et Saraï « aident » Dieu à les bénir. N’est-ce pas ce que nous faisons à certains moments ? 

 

Verset 3

C’est donc Saraï qui donne Agar pour femme à son mari. Agar est ainsi devenue la seconde épouse d’Abram.

 

Verset 4 à 6

Ayant voulu agir par sa propre initiative, Saraï commence à en récolter les fruits. Agar est une servante et c’est uniquement en vue d’un besoin bien précis qu’elle est devenue la seconde épouse d’Abram, mais cette dernière profite de la situation pour regarder de haut sa maitresse, car n’oublions pas qu’elle est toujours la servante de Saraï. 

Saraï aime son mari et le donner à une autre n’a pas du être facile, c’est par amour pour lui afin qu’il ait une descendance et certainement aussi dans l’espoir de pouvoir materner également. Mais Agar va gâcher la relation entre sa maitresse et elle-même, alors Saraï va se plaindre à Abram et  demande que Dieu soit juge entre elle et lui, en d’autres mots, Saraï dit à son mari : « J’ai tout fait pour toi et voilà comment elle me méprise en retour. Que Dieu juge, qui de nous deux en est le responsable ! »  Bien que le plus grand souhait d’Abram est enfin sur le point d’arriver, il aime Saraï et comprend ce qu’elle endure, alors il va lui donner carte blanche afin qu’elle agisse comme elle le désire. La réponse de Saraï face au mépris de sa servante, sera la maltraitance.

C’est le verbe « Anéh  עַנֵה » qui est employé et qui signifie : humilier, persécuter, affliger, maltraiter, opprimer, affaiblir, outrager. En gros, Saraï va abuser de son autorité en l’humiliant, l’accablant et l’offensant. 

Pas étonnant qu’Agar finisse par s’enfuir, n’en pouvant plus.

 

Verset 7 

Dieu voit toute chose, rien ne lui échappe. Prov 15:3 Les yeux de l’Eternel sont en tout lieu, Observant les méchants et les bons. Agar a méprisé sa maitresse, mais Dieu ne la rejette pas pour autant. Ce n’est pas Dieu qui se présente à elle directement, mais l’un de ses messagers, le messager de YHWH en hébreu. 

 

Dans nos moments les plus critiques, où nous nous sentons acculés, il nous arrive aussi de vouloir fuir, parce que la souffrance est trop intense. Mais Dieu a ses yeux sur tous et il voit ce que nous endurons. Il compatit et sera là pour quiconque écoutera sa voix.

 

Verset 8

Comme Dieu la fait à Adam et à Caïn, il le fait à Agar. Il pose une question dont il connait déjà la réponse. "Ou es-tu Adam ?" "Ou est ton frère Caïn ?" Et dans le cas présent « d’où viens-tu et où vas-tu ? » Dieu sait, alors pourquoi lui demande-t-il ? 

 

Dieu nous interpelle à certains moments cruciaux de nos vies pour nous demander où nous en sommes. Il le sait, mais le fait de nous le demander nous permet de nous mettre face à notre miroir et de poser les choses telles qu’elles sont vraiment. 

 

Agar a fui, et il veut qu’elle avoue sa faute. Cette dernière ne cherche pas d’excuse, elle n’accuse pas Saraï, elle dit clairement ce qu’elle est en train de faire. Adam a accusé sa femme, Caïn a rejeté la responsabilité qu’il avait envers son frère, mais Agar s’enfuit parce qu’elle ne peut plus supporter les mauvais traitements de sa maitresse. Elle ne l’accuse pas, mais donne la raison de sa fuite. « Je fuis parce que c’est trop dur, je n’y arrive plus ! ». Elle aurait pu dire « C’est la faute de Saraï, elle est méchante avec moi ! », mais bien qu’elle l’ait méprisée, devant Dieu, elle ne dit rien de plus sur sa maitresse. « Je m’enfuis loin de Saraï ». 

 

Il peut nous arriver d’être maltraité à notre tour. Face à ses mauvais traitements, comment agissons-nous ? Sommes-nous injurieux, méprisants envers ceux qui nous font du mal ? La fuite n’est pas un péché, mais la médisance en est un. 1 Pi 2:1-2 Rejetant donc toute malice et toute ruse, la dissimulation, l’envie, et toute médisance, désirez, comme des enfants nouveau–nés, le lait spirituel et pur, afin que par lui vous croissiez pour le salut.., Par son attitude, Agar recevra la bénédiction de Dieu.

 

Verset 9 à 10

Alors Dieu va demander à Agar de retourner vers Saraï en se soumettant à ses ordres. En d’autres mots : « C’est difficile, mais tu ne dois pas fuir la situation ! »

 

Plus tard Pierre nous apportera l’enseignement à ce sujet 1 Pi 2:18-20 Serviteurs, soyez soumis en toute crainte à vos maîtres, non seulement à ceux qui sont bons et doux, mais aussi à ceux qui sont d’un caractère difficile. Car c’est une grâce que de supporter des afflictions par motif de conscience envers Dieu, quand on souffre injustement. En effet, quelle gloire y a–t–il à supporter de mauvais traitements pour avoir commis des fautes ? Mais si vous supportez la souffrance lorsque vous faites ce qui est bien, c’est une grâce devant Dieu. 

 

Cet enseignement se rapporte aujourd’hui aux employés face à leur employeur ou à leur hiérarchie supérieure. Nous subissons parfois des mauvais traitements, mais le Seigneur nous demande une soumission volontaire par amour pour lui. Souffrir injustement est une grâce devant Dieu parce que c’est un moyen pour nous de grandir dans la foi et de compter uniquement sur sa main toute puissante. N’oublions jamais que ce n’est pas contre la chair et le sang que nous devons lutter, mais bien contre toutes les puissances célestes. (Eph 6:12)

 

Une merveilleuse promesse est alors donnée à Agar, et cela l’encouragera à accepter la souffrance infligée par sa maitresse. Nous savons que la descendance d’Agar est devenue le peuple arabe et qu’il représente une multitude, bien plus nombreux que le peuple juif.

 

Verset 11 à 12

Agar reçoit le nom de son fils qui veut dire : « Dieu entend ». Mais cet enfant sera semblable à un âne sauvage. La caractéristique d’un âne est d’être à la fois humble et patient mais aussi têtu et borné. De plus, le fait qu’il soit sauvage, démontre qu’il ne sera pas soumis à quiconque, et cela l’amènera à la rébellion.

 

Dans le livre de Job, nous trouvons la définition précise de l’âne sauvage Jb39:5-8 Qui met en liberté l’âne sauvage, Et l’affranchit de tout lien ? J’ai fait du désert son habitation, De la terre salée sa demeure. Il se rit du tumulte des villes, Il n’entend pas les cris d’un maître. Il parcourt les montagnes pour trouver sa pâture, Il est à la recherche de tout ce qui est vert. 

Avant même qu’il ne vienne au monde, Ismaël et sa descendance étaient prédestinés à ne pas vivre comme les autres peuples, et à se rebeller le plus souvent contre tous. Ismaël deviendra l’ancètre des bédouins et des arabes. Gen 21:20 Dieu fut avec l’enfant, qui grandit, habita dans le désert, et devint tireur d’arc. 

Le prénom d’Ismaël est donné à sa mère, contrairement à au prénom d'Isaac que Dieu donnera au père. Même si Abraham est le père d’Ismaël, c’est sa mère qui en sera la gardienne et qui le conduira dans un tournant de sa vie. En donnant le prénom de son fils à Agar, on a l’impression que Dieu lui en confie particulièrement la responsabilité, plus qu’à son géniteur. Gen 21:2121 Il habita dans le désert de Paran, et sa mère lui prit une femme du pays d’Egypte

 

Verset 13 à 14

Atta El Roï signifie : « toi, le Dieu qui me voit ».

Les puits de Lachaï Roï  « le puit du vivant et de celui qui me voit »

Agar n’est pas effrayée par l’ange qu’elle a vu, cependant elle reconnait que c’est Dieu lui même qui s’est adressé à elle par l’intermédiaire d’un messager parce qu’il a vu la douleur qu’elle éprouvait. « Non seulement il est un Dieu vivant, mais il voit ma douleur ! »

 

Ce sont là 2 choses indispensables que nous devons expérimenter dans notre vie chrétienne : 

  • Reconnaitre que Dieu est vivant, qu’il est le même depuis toute éternité et qu’il le restera à jamais. Dieu vit éternellement.

  • Lui faire confiance dans nos épreuves, car nous savons qu’il voit ce par quoi nous passons.

 

Kadès est un lieu désertique. C’est là où Agar recevra la bénédiction de Dieu pour elle et sa future descendance et où Moïse et Aaron recevront la promesse du pays promis au peuple d’Israël. Nb 13:26 A leur arrivée, ils se rendirent auprès de Moïse et d’Aaron, et de toute l’assemblée des enfants d’Israël, à Kadès dans le désert de Paran. Ils leur firent un rapport, ainsi qu’à toute l’assemblée, et ils leur montrèrent les fruits du pays. 

 

Les déserts que nous traversons sont des lieux privilégiés, parce que c’est là que nous trouvons Dieu, c’est là que nous recevons ses promesses pour nos vies. N’ayons pas peur de ces périodes arides et difficiles, car elles sont la source des plus grandes bénédictions pour la suite.

 

Verset 15 à 16

Abram va nommer son fils, selon les instructions qu’Agar va lui donner. C’est un homme âgé qui doit être dans le bonheur le plus total, puisque la descendance qu’il attendait depuis si longtemps, est enfin arrivée ! Pour Abram, c’est la promesse qu’il attendait.

 

 

 

 

 

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