Rechercher
  • L. GILMAN

PARDONNER POUR ÊTRE PARDONNÉ !


Mat 6:12 pardonne–nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.


Ce verset, tiré de la prière du « Notre Père », nous démontre que Dieu nous pardonne avec la même mesure que nous utilisons pour pardonner aux autres.


Que veut dire au juste le verbe « PARDONNER » ?

En grec, c’est le mot APHIEMI qui signifie : envoyer, pardonner, abandonner, mettre de côté, quitter, laisser, omettre, ranger, remettre, souffrir, céder.


Nous pourrions ainsi traduire le verset ci-dessus pas :

« Abandonne nos péchés, de la même manière que nous abandonnons ceux de notre prochain. »

Ou encore

« Mets de côté nos offenses comme nous les mettons de côtés pour notre prochain. »


A la croix, nous sommes pardonnés de tous nos péchés, parce que nous avons reconnu notre état de pécheur et que nous avons accepté de suivre Jésus. En recevant le pardon de Dieu, nous empruntons le chemin de la vie et marchons dans la lumière de Christ, car il est lui-même le Chemin, La Lumière et la Vie.


Et La Lumière unit tous les enfants de Dieu dans un même Esprit. La Lumière nous éclaire, elle chasse les ténèbres qui obscurcissaient nos coeurs et elle nous transforment de jour en jour.

La lumière ne peut pas nous diviser, ce sont uniquement les ténèbres qui peuvent le faire.


Alors pourquoi y a-t-il autant de rancoeur dans le peuple de Dieu ? Pourquoi, alors que nous sommes tous supposés marcher dans la lumière de Christ, ne sommes-nous pas tous unis, ne formant qu'une seule et même famille ? Pourquoi dans une même assemblée existent-ils des querelles, des non-dits et de l'hypocrisie ?


La réponse est à la fois brutale et triste : nous ne marchons pas tous dans La Lumière !


Si nous avons pour la plupart, accepté Christ dans notre coeur, la première question que nous devrions nous poser est de savoir si nous avons réellement reçu et compris ce qu'impliqué le pardon de Dieu pour notre vie ?


Beaucoup se disent "chrétien", alors qu'ils n'ont jamais réellement pris conscience de leur nature déchue. Ils ont adhéré à un groupe, mais leur coeur n'a jamais reçu la lumière. Ils ont de très bonnes valeurs et servent avec beaucoup de zèle, mais ils ne sont jamais "nés de nouveau". Ils ont l'apparence de la piété, mais tout n'est qu'apparence, car la vie n'est pas en eux. Seule une profonde repentance conduit à la nouvelle naissance. Aucune prière ne peut le faire, aucune bonne volonté ne parviendra à amener la lumière dans le coeur d'un homme. Sans un réel état des lieux de notre misère spirituelle, il n'y a pas de nouvelle naissance !


Il est important de se poser une seconde question tout aussi importante, à savoir : marchons-nous encore aujourd’hui dans la lumière ou laissons-nous à nouveau les ténèbres pénétrer tranquillement et sournoisement dans notre coeur ?


Il est important de s'examiner ! Paul a dit : 2 cor 13:5 Examinez–vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi ; éprouvez–vous vous–mêmes. Ne reconnaissez–vous pas que Jésus–Christ est en vous ? à moins peut–être que vous ne soyez réprouvés.


Trop de chrétiens malheureusement s’illusionnent en pensant que parce qu’ils ont fait une belle expérience avec le Seigneur, ils sont sortis d’affaire quel que soit le parcours chrétien qu'ils emprunteront ! C’est faux, nous pouvons être réprouvés ! En grec, c’est le mot « adokimos » qui signifie : rejeté, naufragé (perdu), sans valeur. Paul parlait aux chrétiens de Corinthe, et voulait leur faire comprendre que la vie chrétienne est une course qui se gagne à la fin et non au départ. Lui-même prenait garde de ne pas se disqualifier, car il savait qu'il devait persévérer jusqu’à la fin. 1 Cor 9:27 Mais je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur d’être moi–même rejeté, après avoir prêché aux autres.

Celui qui est rejeté ou disqualifié démontre qu'il n'a jamais été régénéré ! Il a eu l'apparence du chrétien pendant tout un temps, peut être même toute sa vie, mais n'a jamais reçu l'Esprit de Dieu en lui. Le vrai chrétien, c'est à dire l'enfant de Dieu authentique, continuera sa course jusqu'au bout, parce que Dieu lui en donnera le pouvoir, il l'affermira et l'empêchera de faire demi-tour. Il aura ses luttes et ses moments de découragements, il tombera encore et encore, mais il se relèvera toujours et persévérera, parce que Dieu le disciplinera, le corrigera, le châtiera parfois durement, mais il le tiendra dans sa main et le gardera.


La rancoeur fait malheureusement parti des ténèbres qui menacent subtilement le coeur du chrétien. C’est pourquoi, ayant reçu le pardon de ses péchés, le chrétien doit à son tour pardonner à celui qui l’offense, quelles que soient son ou ses offenses. S’il ne le fait pas, le verdict est clair, Mat 6:15 mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses.


A travers ce verset, Jésus nous rappelle l’importance capital du pardon.

Ce n’est pas une simple recommandation, c’est un avertissement très sérieux ! Il nous permet d'examiner nos coeurs et de vérifier si nous sommes vraiment un enfant de Dieu ! Tout arbre bon se reconnait à ses fruits ! Ceux qui ne pardonnent pas seront jetés au feu ! Votre père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses !


Le pardon de Dieu nous est donné à la nouvelle naissance, et si nous avons été pardonnés, nous en avons compris la valeur et par conséquent nous ne pouvons pas faire autrement que de pardonner à notre tour !


Sans pardon, la rancune s’installe et le coeur s'endurcit. La petite racine d'amertume grossira petit à petit et produira des pousses qui deviendront, si elles ne sont pas coupées, un arbre qui finira par assombrir totalement la vie du chrétien. C’est pourquoi à la question de Pierre, Jésus a répondu que ce n’était pas 7 fois que nous devions pardonner à notre offenseur mais 77 fois 7 fois Mat 18:22 Jésus lui dit : Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à septante fois sept fois.


Alors beaucoup se cherchent des excuses du genre : « J’ai pardonné, mais je n’oublie pas » ou « J’ai pardonné, mais tu dois en payer les conséquences maintenant ! »


Jésus répond à ces personnes, par une parabole tellement claire :

Mat 18:22-35 C’est pourquoi, le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs. Quand il se mit à compter, on lui en amena un qui devait dix mille talents. Comme il n’avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu’il fût vendu, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu’il avait, et que la dette fût acquittée. Le serviteur, se jetant à terre, se prosterna devant lui, et dit : Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout. Emu de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller, et lui remit la dette. Après qu’il fut sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers. Il le saisit et l’étranglait, en disant : Paie ce que tu me dois. Son compagnon, se jetant à terre, le suppliait, disant: Aie patience envers moi, et je te paierai. Mais l’autre ne voulut pas, et il alla le jeter en prison, jusqu’à ce qu’il eût payé ce qu’il devait. Ses compagnons, ayant vu ce qui était arrivé, furent profondément attristés, et ils allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors le maître fit appeler ce serviteur, et lui dit : Méchant serviteur, je t’avais remis en entier ta dette, parce que tu m’en avais supplié ; ne devais–tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j’ai eu pitié de toi ? Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux, jusqu’à ce qu’il eût payé tout ce qu’il devait. C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur.


Jésus dit à tout ceux qui ont ce langage :

"Ne devrais-tu pas avoir pitié de ton compagnon, comme j’ai eu pitié de toi ?" et rajoute :

"Si tu n’abandonnes pas les charges contre ton prochain, ton père dans le ciel te traitera de la même manière. Si tu fais payer les conséquences de tes actes, disant que tu as pardonné, ton père t’en fera payé aussi les conséquences !"


Oublier, ce n’est pas devenir amnésique, oublier, c’est abandonner les charges contre celui ou celle qui a blessé notre coeur. La mémoire ne peut effacer, mais le coeur peut décider de grâcier celui qui nous a fait mal. Il est tout à fait possible de se souvenir d’un événement sans continuer à en souffrir. Le pardon aura pour remède d'effacer la douleur, tandis que l’amertume la ravivera en permanence.


Voulez-vous savoir si vous avez pardonné ? C’est en repensant aux injustices que vous avez subies, que vous trouverez la réponse.


Si ces injustices ne vous donnent plus aucun mauvais sentiment envers celui ou celle qui les ont commises, c’est que le pardon a vraiment été fait, mais si à l’inverse elles ravivent en vous des sentiments mauvais, alors il est temps pour vous de vraiment pardonner. C’est une décision qui n’appartient qu’à vous seul et c’est un commandement que le Seigneur vous demande de mettre en pratique. Le pardon n’oublie pas, mais il est le seul à pouvoir soulager la douleur de notre coeur. Le pardon vous libérera totalement et libérera l’autre également. Et plus important encore, le pardon que vous accorderez à autrui ouvrira la porte du pardon de Dieu pour vous.

L. Gilman

36 vues