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GENÈSE 17 - Quand Dieu renomme et transforme

Genèse 17

Contexte historique

Treize années se sont écoulées depuis la naissance d'Ismaël. Abram a maintenant quatre-vingt-dix-neuf ans, et Sara en a quatre-vingt-neuf. Humainement, la promesse d'une descendance semble définitivement close. C'est précisément dans ce creux de l'impossibilité que Dieu se révèle à nouveau, cette fois sous le nom de El Shaddaï, Dieu Tout-Puissant. Il renouvelle et précise son alliance, change le nom d'Abram en Abraham et celui de Saraï en Sarah, institue la circoncision comme signe de l'alliance, et annonce la naissance d'Isaac pour l'année suivante. Ce chapitre est l'un des pivots de toute l'histoire du salut : il révèle un Dieu qui ne se laisse pas réduire aux limites du temps ni aux calculs humains, et qui avance souverainement dans l'accomplissement de ses desseins.


Leçons pour aujourd'hui


1. Dieu se révèle comme El Shaddaï : le Dieu de l'impossible

"Je suis le Dieu tout-puissant. Marche devant ma face, et sois intègre." (Genèse 17.1)

Ce nom El Shaddaï n'apparaît pas par hasard à ce moment précis. Dieu se révèle dans sa toute-puissance lorsque les circonstances humaines ont épuisé toutes leurs ressources. La promesse d'un fils à un homme de quatre-vingt-dix-neuf ans et à une femme stérile n'est pas un défi lancé à la nature : c'est la démonstration que Dieu n'est pas tributaire des lois qu'il a lui-même créées.

Pour vous qui attendez une réponse divine depuis longtemps, qui voyez vos forces s'épuiser et vos espoirs s'amincir, ce chapitre vous rappelle que l'heure de l'intervention souveraine est souvent celle où l'heure humaine a sonné minuit. Martyn Lloyd-Jones écrivait que "la foi n'est pas une tentative désespérée de croire malgré tout ; c'est la conviction que Dieu peut faire ce qu'il a dit." El Shaddaï suffit là où tout manque.


2. Dieu change les noms parce qu'il change les êtres

"Tu ne seras plus appelé Abram ; mais ton nom sera Abraham, car je te fais père d'une multitude de nations." (Genèse 17.5)

Dans la Bible, changer le nom de quelqu'un, c'est changer son identité, son destin, sa vocation. Abram signifiait "père élevé" ; Abraham signifie "père d'une multitude." Pendant des années, Abraham a dû prononcer son nouveau nom sans encore en voir l'accomplissement, confessant ainsi chaque jour ce que Dieu avait dit plutôt que ce qu'il voyait.

C'est là une image saisissante de la vie de foi : vous êtes appelés à marcher selon ce que Dieu déclare de vous en Christ, et non selon ce que le miroir ou votre passé vous renvoie. En Jésus-Christ, vous êtes justifiés, adoptés, saints et bien-aimés, non pas parce que vous le ressentez, mais parce que Dieu l'a dit. Votre vrai nom est celui que Dieu vous a donné.


3. La circoncision : un signe extérieur d'une réalité intérieure

"Ce sera un signe d'alliance entre moi et vous." (Genèse 17.11)

La circoncision n'était pas un mérite à acquérir mais un sceau apposé sur une promesse déjà reçue par la foi. L'apôtre Paul le précisera avec force : Abraham fut justifié par la foi avant d'être circoncis (Romains 4.10). Le signe ne précède pas la grâce, il l'atteste. Calvin remarquait que les sacrements ne confèrent pas la grâce par le seul fait d'être accomplis, mais qu'ils la scellent pour les croyants qui les reçoivent par la foi.

Pour vous, frères et sœurs, tout rite extérieur, qu'il soit baptismal ou eucharistique, n'a de valeur que s'il repose sur une réalité vivante dans le cœur. Un signe sans la foi est une enveloppe vide. Vérifiez non la réalité du signe, mais la réalité de votre alliance avec Dieu.


4. La souveraineté de Dieu dans le choix de l'héritier

"Mais mon alliance, je l'établirai avec Isaac, que Sara t'enfantera l'an prochain à cette époque." (Genèse 17.21)

Ismaël était vivant, en bonne santé, et avait treize ans. Il aurait pu être l'héritier de la promesse selon toute logique humaine. Mais Dieu précise : l'alliance passe par Isaac, l'enfant qui n'existe pas encore. Ce n'est pas le premier-né, ni le plus fort, ni celui qui semblait le plus évident qui reçoit la grâce de l'élection. C'est celui que Dieu a choisi.

Cette souveraineté divine n'est pas arbitraire ; elle est la garantie que le salut demeure entièrement dans les mains de Dieu et non dans les mérites ou les accidents de la naissance humaine. Ismaël est béni, mais l'alliance suit la ligne que Dieu trace librement. Ce qui devrait vous remplir non d'orgueil mais d'une profonde humilité et d'une gratitude sans fond : vous n'avez pas choisi Dieu le premier.


Conclusion

Genèse 17 est un chapitre de renouvellement souverain : Dieu revient, Il confirme, Il précise, Il agit, sans que l'homme n'ait rien fait pour le mériter ou pour le solliciter. Que cette vérité affermisse votre foi aujourd'hui : Dieu n'abandonne pas ses desseins, Il ne se laisse pas contraindre par le temps, et Il tient toujours la parole qu'Il a donnée. Reposez-vous non sur ce que vous voyez, mais sur ce qu'Il a dit.


L. Gilman

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