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EXODE 30 - Nul ne s'approche de Dieu sans rançon ni purification

Exode 30

Contexte historique

Exode 30 poursuit les instructions données à Moïse sur le mont Sinaï pour l'édification du tabernacle. Après l'arche et l'autel des holocaustes, Dieu prescrit l'autel des parfums, placé devant le voile, où Aaron brûlera de l'encens odoriférant chaque matin et chaque soir. Vient ensuite l'ordonnance du recensement : chaque Israélite, riche ou pauvre, doit verser un demi sicle comme rançon de sa personne, sous peine de plaie lors du dénombrement. Dieu institue également la cuve d'airain, où les sacrificateurs laveront leurs mains et leurs pieds avant tout service à l'autel, sous peine de mort. Le chapitre se termine par la composition exclusive de l'huile d'onction sainte et du parfum réservé au culte, toute imitation profane étant punie du retranchement. Chaque prescription enseigne la même vérité centrale : on ne s'approche pas de Dieu comme on veut, ni sans rachat, ni sans purification.


Leçons pour aujourd'hui


1. Le rachat égal pour tous devant Dieu

"Lorsque tu compteras les enfants d'Israël pour en faire le dénombrement, chacun d'eux paiera à l'Éternel le rachat de sa personne, afin qu'ils ne soient frappés d'aucune plaie lors de ce dénombrement." (Exode 30:12) "Le riche ne paiera pas plus, et le pauvre ne paiera pas moins d'un demi sicle, comme don prélevé pour l'Éternel, afin de racheter leurs personnes." (Exode 30:15)

Dieu ne fixe aucune échelle sociale devant le péché. Le riche ne paie pas plus, le pauvre ne paie pas moins : devant la sainteté divine, tous les hommes sont également coupables et également incapables de se racheter eux mêmes par leurs propres moyens. Jean Calvin faisait remarquer, dans son commentaire sur ce passage, que ce demi sicle rappelait aux Israélites qu'ils n'appartenaient pas à eux mêmes mais avaient été rachetés. C'est exactement ce que Pierre écrira plus tard : nous avons été rachetés, non par des choses périssables, mais par le sang précieux de Christ (1 Pierre 1:18). La rançon n'a jamais été une option religieuse parmi d'autres : sans elle, il n'y a que la plaie et le jugement.


2. L'intercession qui ne s'arrête jamais

"Aaron y fera brûler du parfum odoriférant ; il en fera brûler chaque matin, lorsqu'il préparera les lampes ; il en fera brûler aussi entre les deux soirs, lorsqu'il arrangera les lampes." (Exode 30:7-8)

Le parfum brûlé matin et soir, sans interruption, figure une intercession continue devant le trône de Dieu. Ce que le sacrificateur d'Israël accomplissait par un rituel quotidien, Christ l'accomplit désormais sans cesse et parfaitement pour les siens : il vit toujours pour intercéder en leur faveur (Hébreux 7:25).

La vie de prière du chrétien ne doit rien à l'improvisation ni à l'émotion du moment : elle s'enracine dans la certitude que Christ intercède constamment, et elle y répond par une discipline constante, matin et soir, à l'image de l'encens qui ne cesse jamais de monter.


3. La purification, condition non négociable du service

"Lorsqu'ils entreront dans la tente d'assignation, ils se laveront avec cette eau, afin qu'ils ne meurent point ; et aussi lorsqu'ils s'approcheront de l'autel, pour faire le service et pour offrir des sacrifices à l'Éternel." (Exode 30:20)

La cuve d'airain rappelle que nul ne sert Dieu impunément dans son impureté. R.C. Sproul insistait sur ce point : la sainteté de Dieu n'est pas un attribut parmi d'autres, elle est ce qui définit son être même, et c'est pourquoi l'approche de sa présence exige toujours une purification préalable. Sous la nouvelle alliance, cette eau trouve son accomplissement dans le lavage de la régénération opéré par le Saint Esprit (Tite 3:5), et non dans une performance rituelle répétée. Mais le principe demeure entier : un service rendu à Dieu sans sainteté personnelle n'est pas un service, c'est une présomption.


Conclusion

Rançon, intercession, purification : les trois éléments de ce chapitre convergent vers une seule personne, Jésus Christ, notre rançon payée une fois pour toutes, notre intercesseur qui ne se lasse jamais, notre purification accomplie et non à renouveler sans cesse. Que votre cœur ne s'approche de Dieu ni par ses mérites ni par ses œuvres, mais uniquement par ce Médiateur que le tabernacle annonçait déjà.


Question(s) pour la réflexion

Dans votre marche avec Dieu, cherchez vous encore, même inconsciemment, à apporter quelque chose de vous même pour mériter son accueil, plutôt que de vous reposer entièrement sur le rachat déjà accompli par Christ ?

Votre vie de prière ressemble t elle à ce parfum offert matin et soir avec constance, ou dépend elle surtout de vos élans du moment ?

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